Nous étions au cœur des vacances. Un groupe d’artistes est entré en résistance contre la politique culturelle jugée illisible en Guadeloupe, injuste. Chanteuses et chanteurs, artistes-peintre, autrices et auteurs sont venus apporter leur soutien au mouvement en proposant quotidiennement échanges, ateliers et rencontres populaires. C’est là que je l’ai rencontrée. C’est là que j’ai pu l’écouter expliciter son dernier ouvrage, L’estime de soi des noirs paru chez L’Harmattan. Nous étions assis ensemble, femmes, hommes, enfants aussi, un peu, en demi-cercle. La parole circulait librement, à l’ombre des arbres touffus de la Place des martyrs de la Liberté, à Pointe-à-Pitre, jusqu’à ce que la pluie nous pousse plus loin, sous le porche de la mairie. Ce n’était pas un cours magistral. C’était un de ces moments simples de partage devenus trop rares mais qui existent encore, heureusement.