Elle est de ces personnes que l’on souhaite rencontrer. Parce que l’on fourmille de questions à lui poser. Parce que sa vie est un roman, bien malgré elle et que ce sont précisément ces romans-là que l’on a envie de lire. Corinne Mencé-Caster est médiéviste, spécialiste des littératures et langues de la Caraïbe. Ancienne présidente de l’Université des Antilles et de la Guyane (Janvier 2013- 31 août 2016), elle est aujourd’hui professeure des universités à La Sorbonne et rêve d’un « monde où on reconnaîtrait que les injustices subies sans discontinuer peuvent conduire au chaos et à la folie, un monde où il serait évident que nous devons nous regarder entre humains comme des êtres humains ».

Depuis un peu plus d’un mois – le décret d’application est paru le 29 septembre dernier – les femmes seules et homosexuelles peuvent enfanter par procréation médicalement assistée (PMA). La congélation ovocytaire en vue d’un projet de procréation futur est autorisée entre 29 et 37 ans maximum. Comment cette nouvelle législation est-elle reçue par le corps médical ? Inclinera-t-elle les rigidités du modèle français ? Quelles injonctions couvent sous certaines oppositions ? Oppositions, est-ce bien ce dont il est question ? Manon Vialle est chercheuse, spécialiste des enjeux d’âge et de genre dans le traitement de l’infertilité. « PMA pour procréation médicalement assistée. Trois lettres qui n’existent plus sur les dépliants et les sites web des hôpitaux, les plaques des médecins, les tampons et les entêtes des services dédiés depuis… plus personne ne le sait. L’acronyme officiel, c’est « AMP » pour Assistance médicale à la procréation (…) [Cette nouvelle loi] est l’occasion pour ces trois lettres de signifier Accompagnements Modernes des Patients, et même mieux encore, Accompagnements Multidisciplinaires à la Parentalité « . (Marie-Joëlle Gros, tiré de L’AMP ? C’est tout ce qu’on ne dit jamais sur la PMA*)

Le jour du vernissage de son exposition à Paris, intitulée Valse imaginaire, Carole est inquiète. C’est un champ nouveau qui s’ouvre devant elle : quelques jours après le Festi’photo45 de Dordives, il lui est offert d’afficher, en solo, son travail, sa proposition artistique au sein d’une galerie spécialisée, quartier Bastille. Carole est photographe mais pas seulement. « La photo » est une passion qui occupe assez d’espace désormais pour être devenue un peu plus qu’un passe-temps. Et après ? Quand et comment franchit-on la frontière entre passion et profession ?

Lorsque son traitement s’achève au printemps 2017, elle décide de gravir une autre montagne, la pyramide Vincent au Mont-Rose, dans les Alpes italiennes. 4215 mètres. Le quatrième sommet du pays. Un nouveau défi, une nouvelle « expérience physique ». C’était en septembre 2018. Elles étaient huit. Lorsque Carine Seyvecou, institutrice, parle de cette expérience, c’est de lien dont il est question, du lien « indéfinissable entre nous », de celui retrouvé avec son corps. Il est question d’essentiel aussi. L’essentiel oublié avant, obligé après.

L’histoire de Michelle, c’est un peu la nôtre : ponctuée de surprises, bonnes et mauvaises, de révélations, de menaces transformées en opportunités, de peurs transformées en pouvoirs. Patiente experte, consultante, formatrice en éducation thérapeutique du patient, c’est en suivant « les lumières » qui ont jalonnées sa route que Michelle Laurent, une cinquantaine d’années, est devenue naturopathe. Plus « fatigable » aujourd’hui, elle est aussi plus à l’écoute de son corps qu’hier, qu’avant. Elle raconte ici le chemin parcouru « vers une meilleure version » d’elle-même. #OctobreRose est ce mois consacré à la sensibilisation sur le cancer du sein. Cette année 2021, #CAPITAINEs s’intéresse à la manière dont se vit la maladie, dont on en guérit, dont elle transforme.

#OctobreRose est ce mois consacré à la sensibilisation sur le cancer du sein. #CAPITAINEs s’intéressera à la manière dont se vit la maladie, dont elle se soigne, à ses conséquences, parmi les plus graves la ponction du corps de ces attributs qui font femme. Ismahan Soukeyna Diop-Barry est enseignante à l’université Cheikh Anta Diop, psychologue-clinicienne, conférencière et autrice. Elle s’est intéressée, dans sa thèse de doctorat, aux implications de l’hystérectomie et de la mastectomie chez les femmes sénégalaises. Entre étude sociologique et psychologique, Ismahan tente de saisir la réalité et la diversité des situations dans son pays. Elle porte sa pierre à l’édifice d’une femme nouvelle, consacrée par d’autres attributs que son corps, la sexualité ou la maternité.

« En France, en 2020, huit millions de familles résident avec au moins un enfant mineur à la maison. Une sur quatre est une famille monoparentale ». La dernière enquête INSEE Focus est parue le 13 septembre 2021. Elle confirme que si la famille dite traditionnelle reste la plus fréquente, d’autres modèles émergent. Elle confirme qu’il vaut mieux être dans la norme. Si les chiffres ne mentent pas, disent-ils toutes les vérités ? Racontent-ils toutes les histoires ? Est-ce leur rôle ? Isabelle Robert-Bobée est cheffe de la division des études démographiques. Elle a dirigé cet ouvrage avec deux autres membres de son équipe, Elisabeth Algava et Kilian Bloch.