Renée : voyager au cœur d’une ambition

Cléa, une jeune stagiaire journaliste envisage de se spécialiser dans la mode. Elle s’interroge : comment construire une vie de famille ? Ses enfants comprendront-ils ses déplacements, les voyages, les absences ? Ses ambitions personnelles et professionnelles sont-elles conciliables ? Si elle existe, quelle est la recette ? « Choisis correctement ton partenaire » lui conseille Renée. Renée Mendy est journaliste pour la BBC. Elle a travaillé pour plusieurs journaux de presse écrite parmi lesquels Amina. Aujourd’hui, elle traverse souvent la Manche. Ce qu’elle apprécie particulièrement, c’est échanger, sur l’entrepreneuriat, africain notamment, avec les chefs d’entreprises qui engagent une alternative économique. Rencontre, en marge de LA FIA, le salon de l’excellence africaine, à venir, en septembre prochain.

L’excellence, c’est d’abord oser puis montrer son savoir-faire.

Si tu devais te définir en trois mots, lesquels serait-ce ?

Passionnée. Créative. Obstinée.

Et si tu devais définir le métier de journaliste ?

Nous sommes des micros tendus, des découvreurs de personnes. Chacun a tellement de choses à offrir, tellement à nous apprendre qu’il s’agit, selon moi, avant tout, de rester curieux, s’intéresser aux autres, parce que chacun a une histoire. Lorsque tu pars de ce principe, que chacun a une histoire, que chacun est un univers merveilleux, tu ne vieillis pas. Tu conserves ta fraîcheur d’esprit. C’est cela être un bon journaliste.

A quel moment de ta carrière t’es-tu dit : « C’est bien cela. C’est bien ce métier que je voulais exercer. Je ne me suis pas trompée. » ?

Lorsque j’ai écrit le livre Élégances africaines. Je ne pensais pas qu’il aurait autant de succès. C’était en 2001. Le livre était suggéré comme la bonne idée cadeau des fêtes de fin d’année. Je donnais des entrevues partout. J’ai eu cinquante-six articles partout. Quand cela arrive, tu ne te dis pas forcément que tu as réussi mais tu sais que tu apportes quelque chose de positif dans la vie des autres.

Qu’est-ce qui attise ta curiosité aujourd’hui ?

Tout m’intéresse. Cela dit, aujourd’hui, je m’inscris dans une dynamique de mise en avant d’entreprises, d’affaires, d’entrepreneurs du continent africain et de la diaspora.

Pourquoi plus particulièrement aujourd’hui ? Pourquoi les entrepreneurs ?

Cela commence à devenir mon dossier de prédilection. Je commence à en connaître pas mal. Ils ne me semblent pas suffisamment mis en valeur. Il y en a de plus en plus, qui excellent dans différents domaines, aussi bien dans la tech que dans bien d’autres sujets d’innovation. Mon rôle est de repérer des gens porteurs de projets, en quête de financement, de visibilité. C’est ce qui plaît, aujourd’hui. C’est ce qui m’apporte de la joie.
Il me semble important aussi de passer le flambeau. Dans mon émission, je demande à chacune et chacun de partager ses trois conseils à un jeune. Proposer des clés, des astuces, partager un message : «  si j’ai réussi, vous aussi pouvez le faire ». C’est important de transmettre le positif. L’Afrique qui gagne, c’est cela aussi.

Credit photo : @DanNguyen

Quelle est la difficulté majeure d’être une femme journaliste ?

J’ai eu ma première carte de presse à 21 ans. J’ai commencé tôt, terminé mes études tôt, énormément voyagé entre mes 21 ans et 28 ans. Tellement voyagé qu’à mon mariage, à 28 ans, à la naissance de mon premier enfant, je n’avais aucun regret. Voyager, travailler, il fallait continuer, il fallait ralentir aussi. Commencer jeune, lorsque l’on a pas d’engagement me semble une bonne idée… Et puis, mon mari est également journaliste. Il ne peut donc que comprendre cette soif d’apprendre.

Nous sommes aujourd’hui dans les locaux de LA FIA, le Salon international dédié à l’excellence du continent africain et de ses diasporas. Il se déroulera du 21 au 25 septembre prochains. Pourquoi ce projet t’intéresse-t-il ?

L’excellence africaine, c’est ce dont nous parlions. C’est ce qui m’anime. La mise en avant de ce que nous faisons de mieux. C’est vraiment mon cœur de cible. Je connais Maximilien Mahougnon, à l’initiative de ce projet, depuis des années. Je suis heureuse qu’il soit parvenu à transformer son rêve en réalité.

Qu’est-ce que l’excellence africaine ?

L’excellence, c’est ce béninois qui a construit un robot capable de guérir les gens. C’est Diane Diallo, guinéenne, productrice de champagne. L’excellence, c’est d’abord oser puis montrer son savoir-faire. Comme il n’existe pas une Afrique mais des Afriques, il n’y a pas une mais des excellences africaines. En citer quelques unes, c’est déjà réducteur.

Lorsque tu pars du principe que chacun a une histoire, que chacun est un univers merveilleux, tu ne vieillis pas. Tu conserves ta fraîcheur d’esprit.

Le média Femmes au pluriel est co-création de Renée Mendy.
Elle en est l’actuelle directrice de publication

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