Laurence – (Re)Transmettre l’inspiration

Ces muses-là ne sont pas de celles qui attendent à l’ombre d’un.e autre : elles créent, elles proposent des solutions, elle aussi inspirent. Elles ont été imaginées par Laurence Rakoto, journaliste et désormais responsable d’association. Aujourd’hui, Les Muses de Paris ont besoin de notre soutien. Comme le dit l’adage, seul.e, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin.

Bonjour Laurence. Peux-tu te présenter en trois mots ?
En trois mots ?
Espiègle (d’après mes parents !), Carpe diem, inspirée.
En un peu plus de trois mots, je suis maman à plein temps (trois enfants) et entrepreneuse à plein temps aussi. Après huit ans passés dans les ressources humaines, une reconversion professionnelle (Master de journalisme au CELSA), j’ai rejoint le monde des médias (Réunion Première, France TV, France Info) puis initié le média indépendant, Les Muses de Paris.

Qu’est-ce que Les muses de Paris ? Pourquoi d’ailleurs Les muses ?
C’est à la fois un collectif composé de sound designer, de journalistes, d’auteurs, de chargés de ressources humaines, de podcasteurs. C’est un média indépendant qui relaie l’inspiration en continu à défaut de l’information en continu.

En la matière, je voudrais remercier les 170 bénévoles passés par les Muses ces douze derniers mois, bénévoles sans qui le projet n’aurait pas pu être initié. Ils apportent leur contribution dans les domaines de la réalisation sonore et du mixage, de la vidéo, de la rédaction, de la communication. Nous recherchons en permanence des volontaires, notamment dans les domaines de la coordination d’équipe.s et des relations publiques…

Le nom, « les Muses » vient de ce que l’on s’intéresse à tout ce qui peut être une source d’inspiration constructive : personnes inspirantes, concept solidaire, fédérateur, etc.

Votre actualité, c’est cet « appel de fonds », une « manière de consolider l’équipe ». Qu’en est-il plus précisément ?
Ce n’est pas vraiment une appel de fonds puisque la somme demandée reste assez symbolique. C’est plutôt un moyen de nous faire connaître pour cette rentrée 2021-2022. Les mois précédents ont été difficiles pour notre structure. Nous cherchions un moyen de donner de la visibilité à nos ateliers radio destinés à tous les publics (enfants, adultes, collectivités, écoles, entreprises). Nous espérons qu’il se passera quelque chose de positif en cette rentrée car nous n’avons pas pu lancer notre communication autour de ce crowdfunding Ulule précédemment, pour diverses raisons.

Croissance et multiplication des radios, podcasts, Clubhouse : pourquoi, selon toi, la voix a-t-elle tant le vent en poupe ? Sommes-nous trop saturé.e.s d’images ? Avons-nous aujourd’hui besoin de nous écouter ?
C’est un mélange de ces trois réponses.
La voix a toujours eu le vent en poupe. Beaucoup ont laissé leur empreinte vocale à la postérité, après avoir animé des émissions qui ont marqué les esprits. Je pense, par exemple, à Macha Béranger. Elle était le repère des sans sommeil via « Allô Macha », sur France Inter. Il y en a beaucoup d’autres mais, en berçant mon enfance, Macha a contribué à façonner mon amour pour la radio.
Les animateurs et journalistes ne sont pas les seuls à nous séduire par leur voix.

Les comédiens voix ont marqué mon adolescence, tel Richard Darbois Batman en 1992Biff Tannen dans Retour vers le futur, il est la voix de la radio NRJ depuis 1993.

La radio représente quelque chose de plus suggestif. Elle favorise l’éveil des sens, l’imagination, la créativité. Elle peut nous aider à nous recentrer sur nos vies à côté de la course effrénée à l’information.

Au-delà des voix, nous sommes souvent victimes, en effet, de la surabondance d’images, encore plus avec l’avènement des réseaux sociaux. On nous incite à scroller (faire défiler un contenu sur un écran). On zappe sur Instagram, sur TikTok, sans réel but. La radio représente quelque chose de plus suggestif. Elle favorise l’éveil des sens, l’imagination, la créativité. Elle peut nous aider à nous recentrer sur nos vies, à côté de la course effrénée à l’information. D’ailleurs, les médias d’information en continu comme France Info proposent des matinales qui produisent du relais d’actualité, sur un ton parfois proche de celui du divertissement. Les médias indépendants, les plateformes de podcasts inspirants ou les relais d’initiatives liées à l’économie sociale et solidaire prouvent que l’on tend, encore plus en ces temps de crise sanitaire, à se recentrer sur les « vraies choses ».

Nous sommes souvent victimes, en effet, de la surabondance d’images et encore plus avec l’avènement des réseaux sociaux. On nous incite à scroller. On zappe sur Instagram, sur TikTok sans réel but précis. La radio représente quelque chose de plus suggestif.



Les objectifs de l’association s’inscrivent dans une vision démocratique et accessible tant par la proposition, la transmission aux plus jeunes que par les tarifs. Quels sont vos objectifs à court, moyen et long termes ?
A court terme, proposer des ateliers radio réguliers sur les thématiques de l’éducation média, l’ESS (Économie sociale et solidaire), la création artistique et l’accompagnement pédagogique.
A moyen et long terme, devenir un média de référence en matière d’actualité inspirante en continu et étoffer notre offre de formation (formation RNCP, MOOC, Podcast…).

La crise sanitaire a démontré que l’information peut étouffer, aveugler, insensibiliser et finalement perdre son objectif premier qui est d’apporter la connaissance et la compréhension nécessaires au quotidien. Est-ce pour cela que vous avez choisi cet angle positif, doux, de proximité ?

Exactement ! Prenons ensemble le contre-pied de l’information en continue !

La femme est la fleur de la Terre

Quels sont les sujets dont tu es plus fière ?
Il y a le podcast – en cours de production – pour Emmaüs valorisant l’entité SOS Familles Emmaüs, une structure qui vient en aide aux familles endettées. Il y a aussi l’interview de Jill Stein durant la COP 21. Elle est la cheffe de file du parti vert et ancienne candidate à l’élection présidentielle américaine en 2016. Durant la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin 2020, il y a eu ce podcast pour valoriser le Gaïa World Tour, un tour du Monde virtuel de 30h autour de la biodiversité. Nous avons interviewé l’une des initiatrices du projet, quelques minutes après son coup d’envoi, la navigatrice Alexia Barrier.

Journaliste, décoratrice d’intérieure, scénographe, entrepreneure associative : faut-il avoir plusieurs vies pour être épanouie ? Comment les concilie-t-on ?Comment s’adapte-t-on ? Comment les transformer en accomplissement ?
Il n’est pas nécessaire d’avoir plusieurs vies pour être épanouie mais l’expression selon laquelle il faut «cultiver son jardin » me colle à la peau au quotidien. Occupons-nous des choses que l’on peut changer, façonner, optimiser progressivement. Pourquoi pas en cultivant plusieurs jardins à la fois, si on se sent d’attaque pour ce faire !

Que te souhaites-tu de meilleur ?
La transmission de ce beau projet des Muses de Paris à mes enfants, un peu plus tard.

« Ô capitaine, mon capitaine, le monde est beau si on s’inspire mutuellement et si on s’amuse en le faisant ! »

Une définition de la Femme ? D’une CAPITAINE ?

J’aime le proverbe africain qui dit que La Femme est la fleur de la Terre.
L’étymologie du mot capitaine est assez révélatrice de l’aspect symbolique connoté lorsqu’il est attribué à une femme. Du latin caput, capitis « tête », le mot évoque le commandement par la tête. Dans mon expérience personnelle, je dois avoir en tête toutes les variables du paquebot de ma tribu, des affaires liées à la gestion de la famille nombreuse. La data familiale change en permanence. En même temps, il me faut garder le cap de mes différentes activités professionnelles.
Une CAPITAINE se doit donc d’être en alerte perpétuelle, les yeux rivés en permanence sur le tableau de bord de ses projets, tout en y ajoutant un max d’instinct maternel, une dose de sensibilité et un petit zeste d’espièglerie !



Voici le lien pour nous soutenir :
Les Muses de Paris