Petit Carnet de route

Naviguer sur ce long fleuve qu’est la vie, c’est en recevoir le tumulte, en prendre les creux, sentir l’embarcation flancher tant que le fond reste plat, c’est tanguer jusqu’à accepter, décider d’en devenir le/la capitaine.


Naviguer sur ce long fleuve qu’est la vie en solo, c’est vomir ses tripes et regretter d’avoir penser que ce ne serait que l’affaire d’un temps. C’est plonger au fond de ses déprimes, traverser les dépressions, maîtriser le doute qui s’immisce, que l’on inocule. C’est prendre le vent glacial de la trahison en pleine face et sentir ses os ployer sous le poids du chagrin. C’est boire l’amertume par tasses. C’est s’épuiser à penser seul.e, à imaginer seul.e, à calculer seul.e, à organiser seule, c’est apprendre à rêver seul.e.

C’est regarder souvent en arrière, pour savoir si le tumulte s’apaise et s’interroger sur le temps que tout cela durera encore.
C’est regarder en avant.
C’est, sur la route, croiser le vide dans l’autre que l’on espérait pourtant bouée de sauvetage, espace, même temporaire, de respiration, d’inspiration, de protection que les vents glaciaux.

C’est se tromper et tomber plus bas, plus fond.
En perdre le souffle. C’est apprendre la responsabilité, la patience, la volonté qui font un bon.ne capitaine.
C’est le devenir.

Petit Carnet de route