Marie-Liesse – Devenir qui l’on aime

Crédit photo: Sésame

Ouvrir la porte pour laisser passer toutes les manières d’être soi. Prendre le temps de devenir qui l’on pressent être. Marie-Liesse Malbrancke accompagne les femmes « dans la construction de leur bonheur affectif » depuis l’été 2019. Elle écoute, étudie, organise des voyages. Elle conseille et partage via Sésame, son espace sur Internet, pistes d’éclosions et témoignages. « Tous les outils qui m’ont fait avancer dans ma féminité et dans mon célibat, j’ai le désir aujourd’hui de les transmettre ».

A l’heure où nous parlons, qui es-tu Marie-Liesse ? Es-tu devenue la femme que tu es ?

Je ne suis pas “devenue” la femme que je suis car je crois que la construction se fait chaque jour de notre vie. En revanche, je peux affirmer que je me sens à ma place, que je suis heureuse malgré les manques de ma vie. J’ai trouvé mon équilibre. Je sais qui je suis. Je sais comment utiliser mes forces et ma vulnérabilité pour être pleinement moi-même dans le but de donner aux autres. Nous sommes des êtres de relation et je crois que si nous restons centrés sur notre nombril sans nous ouvrir, sans aider les autres à avancer, alors nous perdons tout le beau de notre nature humaine.

Se connaître, s’aimer, pour mieux aimer et se laisser aimer, voici, je crois, le but d’une vie.

Je ne suis pas “devenue” la femme que je suis, car je crois que la construction se fait chaque jour de notre vie. En revanche, je peux en effet affirmer que je me sens à ma place, que je suis heureuse malgré les manques de ma vie.

Pour parler de moi, je suis une femme de 33 ans, passionnée par le beau et le féminin. C’est pour cette raison que j’aide chaque femme à devenir ce qu’elle est.

Trop souvent, nous vivons dans la comparaison et dans l’attente, en regardant les autres, en les enviant, en ayant en tête qu’on sera plus heureux quand… Quand quoi ? Notre bonheur est entre nos mains, aujourd’hui, et nous devons le construire aujourd’hui, en prenant conscience qu’il n’y a que nous qui pouvons devenir nous-mêmes. Aucune image ou idole ne doit être copiée. Nous sommes toutes uniques et c’est bien cette unicité que nous devons révéler. En copiant, nous cherchons à entrer dans un moule, à être « normale » mais existe-t-il une normalité ? Je ne crois pas. C’est à cela que j’aide chaque femme que j’accompagne, à découvrir que c’est par son unicité qu’elle sera pleinement aimée.

Aussi, je suis une femme qui écoute énormément mon rythme, qui suis liée à mon cycle. J’apprends à me dépasser et à sortir de ma zone de confort presque quotidiennement. Je suis en mouvement et je le serai toute ma vie, car c’est comme ça que je suis vivante. J’aime la mer, les beaux paysages, chiner, la musique, rencontrer des gens et apprendre à les aimer. Enfin, j’aime être en vadrouille, ne pas avoir d’habitude pour plus facilement me mettre en action. Suis-je disponible pour vivre une relation ?

Comment est née l’aventure Sésame ? Pourquoi d’ailleurs cette appellation ?

Sésame est née d’une volonté de trouver ma place, de m’aligner, de répondre profondément à ce que je suis. Après plusieurs années dans une grande entreprise, un épuisement professionnel puis un bilan de talents, j’ai compris que j’étais animée par la volonté d’accompagner les femmes dans leur épanouissement. L’épanouissement affectif est un sujet qui m’a toujours intrigué, interrogé. Pourquoi ? Parce que je suis certaine que dans l’amour il y a une sorte de réparation, qui amène à la confiance en soi, au dépassement de soi.

Après avoir moi-même énormément travaillé sur mon affectivité, après avoir compris que mon bonheur était entre mes mains, qu’un homme viendrait compléter ce bonheur pas me sauver, après avoir réussi à me sortir de la tête les contes de fées, j’ai eu l’intime conviction qu’il fallait aider toutes les femmes en souffrance dans leur célibat à choisir d’être heureuses.

Un sésame est une formule magique, un moyen infaillible pour accéder à quelque chose, pour ouvrir toutes les portes

C’est de là qu’est né Sésame : de l’envie d’accompagner les femmes à être pleinement elles-mêmes pour construire une relation amoureuse durable et belle. L’appellation vient vraiment confirmer cette intuition puisque pour moi c’est une mise en mouvement, une aventure. C’est à chaque femme d’aller découvrir qui elle est et ce qui la rend heureuse. C’est une aventure et un dépassement. Le mot “sésame” a plusieurs sens mais lorsque l’on regarde dans le dictionnaire, on découvre que c’est une formule magique, un moyen infaillible pour accéder à quelque chose, pour ouvrir toutes les portes. Je pense que c’est vraiment ce que je propose : une aventure pour accéder à soi-même et ouvrir toutes les portes pour construire son bonheur affectif.


Le développement personnel est très tendance, aujourd’hui. Comment soutient-on sans diriger, sans uniformiser les vies et les envies, notamment en matière de relations affectives ?

J’aime dire que mon travail est d’aller trouver la merveille de chacun. Nous avons chacun une merveille forgée par notre histoire, par nos rencontres, par nos épreuves, par nos grandes joies. Mon travail n’est absolument pas d’uniformiser les vies et les envies mais de travailler sur chaque singularité. Aller au bout des choses pour savoir quelle merveille se cache en chaque personne – voilà le vrai travail ! – pour ensuite la révéler dans sa vie affective. Au lieu d’aller à un premier rendez-vous, de parler de la pluie et du beau temps, de l’actualité, de banalités, les femmes que j’accompagne ont tout en main pour parler d’elles-mêmes et créer une véritable connexion émotionnelle. C’est en se mettant véritablement à nu que des émotions émergent et que nous sommes touchés par l’autre.

« J’ai dépassé ma peur de souffrir »
Sésame – Le blog

J’aime alerter sur cette tendance du développement personnel. S’il peut vous permettre de mieux vous connaitre, de découvrir votre merveille, votre unicité, dans le but de mieux vous donner et d’aimer, alors ça vaut le coup. Si c’est uniquement dans une posture de repli sur-soi, pour se déconnecter des autres et devenir encore plus narcissique alors je ne vois pas l’intérêt. Nous sommes dans un monde tellement individualiste que nous en oublions que ce qui nous rend heureux c’est la relation. Regardez un nouveau-né : s’il n’entre pas en relation, s’il n’est pas touché, il meurt. Nous avons besoin des autres pour vivre, pour exister, pour aimer et être aimés. Osons créer des liens, sortir de nous, nous révéler au contact des autres en lâchant prise.

Comment expliques-tu, tandis que les célibataires représentent une personne sur cinq, que plus aucune pression d’ordre matrimonial ne pèse sur nos épaules, que nous disposons d’une liberté individuelle d’être inédite, que le célibat soit encore l’objet de tellement de pression, de questions, d’assignations ?

Je crois que pour répondre à cette question, il est important de différencier deux catégories de célibataires : les célibataires qui sont heureux dans leur célibat, qui l’assument et qui peuvent le voir comme un objectif de vie et les célibataires qui sont en souffrance, qui n’arrivent pas à en sortir, qui cherchent à vivre et à construire une histoire d’amour durable. A partir du moment où l’on fait cette distinction, la réponse doit être nuancée.
La pression, les questions et les assignations ne sont pas les mêmes si l’on se trouve dans l’une ou l’autre catégorie. Si nous nous situons dans la première, il est important d’aller poser des mots, d’exprimer ses croyances et ses besoins à celles et ceux qui nous entourent, en utilisant la première personne, sans entrer dans une forme de débat ou d’accusation. L’objectif est d’expliquer posément nos convictions sans attendre que tout le monde les comprennent ou les acceptent, simplement pour exister dans son unicité.

Si nous prenons le temps d’accueillir ce qui est là, de parler avec sincérité de ce que nous vivons, alors ce qui peut paraître comme une pression, ne sera plus vécu comme tel.

Si nous nous situons dans la deuxième catégorie, il est important de parler de sa souffrance, de son incompréhension, de son désir, pour que celles et ceux qui nous entourent aient plus d’empathie, ne soient pas enclins à juger ou à catégoriser ce, dans le but, encore une fois, de dire aux autres où nous en sommes.

Les pressions et les questions, arrivent de manière “violente” lorsque l’on n’ose pas poser des mots sur ce que l’on vit. Mais si nous prenons le temps d’accueillir ce qui est là, de parler avec sincérité de ce que nous vivons, alors ce qui peut paraître une pression, ne sera plus vécue comme telle. Et puis, gardons bien en tête que nous avons tous notre propre vision du monde et que nous ne pouvons pas toujours être compris par les autres. S’il y a du respect et du dialogue, tout sera plus paisible.

« Lettre à mes amies célibataires »
Sésame – Le blog

Entre autres partages sur le blog Sésame, tu as donné la parole à des hommes célibataires. Qu’as-tu retenu de leurs interventions ?

Il est important d’avoir en tête qu’un couple est composé de deux personnes, avec leurs différences, leurs visions de la vie, leur caractère. Cette complémentarité est un superbe challenge pour avancer. Beaucoup de femmes pensent qu’il faut que l’autre soit comme elles, qu’il faut vivre une fusion, être tout le temps d’accord, bien au contraire. En couple, on élargit sa vision du monde. On découvre des choses que l’on avait jamais imaginé. On rencontre une autre manière de voir et c’est absolument fantastique !

Mon idée avec ces portraits d’hommes était de montrer que chaque homme est différent. Chacun a une façon de penser, de voir la vie qui lui est propre. On ne peut pas généraliser en affirmant que “les hommes sont tous les mêmes”, ou bien que “les hommes n’ont qu’une envie : nous mettre dans leur lit”. Ces généralités abaissent l’homme, la femme aussi et nous enferment dans des idées réçues qui nous empêchent d’aller à la découverte de l’autre. Encore une fois nous sommes tous différents, tous uniques. Aucune généralité ne devrait enfermer quiconque.

Ces portraits d’hommes ont enfin pour vocation d’aider à comprendre ce qui se passe dans leurs têtes. C’est rare de percevoir les émotions, les idées et les envies de ces messieurs :). Je ne veux pas généraliser ce que j’ai retenu de leurs interventions mais je vois bien que de chacun de ces portraits ressort une merveille. Chacun est unique, différent, avec une vision de la vie, de l’amour et des femmes qui lui est propre. C’est là que se trouve toute la beauté de ces témoignages.

Le célibat et les hommes – Portrait #4
Sésame

Diverses femmes ont également partagé les clés de leurs rencontres. As-tu été surprise par leur réponse, l’expérience de changement profond qu’elles ont proposée ?

Non, je n’ai pas été surprise. C’est pour cela que je suis heureuse de partager ces portraits. Ils surprennent beaucoup de femmes qui n’arrivent pas à être en couple. Ces portraits de vie apportent des clés : le lâcher prise, le fait de sortir de ses idées reçues, de dépasser ses peurs, le fait d’accepter de ne pas être amoureuse tout de suite, etc. Tous ces éléments amènent à être davantage dans la réalité et à sortir de sa tête. Trop souvent, intellectualiser, se projeter et s’enfermer dans des schémas empêchent de rencontrer une personne avec laquelle avancer. Ces portraits montrent qu’il faut, d’une manière ou d’une autre, se mettre en mouvement et lâcher quelque chose pour qu’une autre chose naisse. Elle est là la puissance de ces portraits.

Tu en as déjà beaucoup parlé mais je te pose tout de même la question plus directement : qu’est-ce qui, selon toi, complique les relations affectives, amoureuses aujourd’hui ? Sommes-nous devenues trop exigent.e.s ?

Je pense qu’il y a plusieurs aspects.
Premièrement, les films, les livres et toutes les images que nous voyons depuis que nous sommes petites et qui nous font idéaliser l’amour. Beaucoup pensent que l’amour est magique, attendent de vivre une attirance physique, un coup de foudre, d’avoir des papillons dans le ventre, d’être transportées, que tout soit simple, fluide. Mais en attendant de vivre cela, on ne choisit pas de vivre dans le réel, on vit très clairement dans sa tête. L’amour raconté par les contes de fées n’est pas l’amour avec un grand A. Cet amour profond et sincère, ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire qui nous transporte et qui nous sauve. L’amour durable se construit, prend du temps, demande des concessions, de l’apprentissage. On est face à une personne différente. Il est donc primordial d’apprendre à communiquer, à exprimer ses besoins et ses sentiments. Et ça, trop souvent on l’oublie en imaginant qu’il n’y a rien à faire pour construire un couple.

L’amour, c’est un travail de tous les jours. Il n’y a que nous qui pouvons exprimer nos attentes, nos opinions, nos besoins.
Il n’y a que nous qui pouvons construire notre bonheur.


Et puis il y a la révolution sexuelle. On a en tête que l’amour, c’est pour se remplir soi alors que l’amour véritable, c’est vouloir le bonheur de l’autre. Et tant qu’on cherchera l’amour juste pour soi, on y arrivera jamais parce qu’on sera tenté de zapper, en se disant qu’on a pas tout ce qu’on veut, qu’on est pas totalement remplie, heureuse, comprise, etc. L’amour, c’est un travail de tous les jours. Personne ne peut être dans notre tête. Il n’y a que nous qui pouvons exprimer nos attentes, nos opinions, nos besoins. Il n’y a que nous qui pouvons construire notre bonheur.

Enfin, j’ajouterai la peur de l’autre, la méfiance, les généralités, l’incapacité à communiquer, le fait de penser qu’une seul personne est faite pour nous, que la perfection existe, l’incapacité de faire des choix et de s’engager. Toutes ces raisons empêchent aujourd’hui de construire de véritables relations d’amour.

Il est possible d’en sortir en débutant un travail pour nous aider à mieux comprendre les relations humaines, à lâcher prise et à être heureuse.

« J’ai osé sortir de mon milieu
et j’ai rencontré l’homme qui partage ma vie »
Sésame

Quel est l’avenir de l’aventure Sésame ?

Ohlala ! J’aime tellement mettre un pied devant l’autre, que je ne peux pas répondre à cette question. J’ai vraiment le désir de pouvoir accompagner de plus en plus de femmes vers leur bonheur et surtout leur bonheur affectif. Car, encore une fois, je pense qu’il faut commencer par être bien soi dans sa vie puis sentir un vrai manque de l’autre pour réussir à construire une belle histoire d’amour durable. Dans un monde où l’on a tout, tout de suite, c’est très difficile d’accepter cette temporalité. Pourtant, c’est la clé pour aller là où est notre désir. Clairement, développer les coachings est ma priorité. J’au tout de même en tête de monter des formations et ateliers en ligne à la rentrée, pour pouvoir répondre aux besoins de toutes ces femmes qui souhaitent avancer.

Qu’est-ce qui t’inspire aujourd’hui ?

Ce qui m’inspire, c’est la beauté de l’être humain. Nous passons une vie entière à découvrir qui nous sommes, comment éclore, nous dépenser, nous dépasser, pour être heureuse et rendre les autres heureux. Alors, lorsque je vois un beau paysage, une belle peinture, un beau couché de soleil, je pense à tout ce que renferme nos âmes et je me dis que c’est bien plus que toute cette beauté.

La beauté, justement, pour terminer, où réside-t-elle ?

Je suis persuadée que la beauté se trouve dans l’amour. J’aime encourager les femmes à aimer tout le monde. A regarder l’autre – son voisin, sa boulangère, son collègue -, avec des yeux d’amour. Souvent,nous nous enfermons dans le négatif, dans l’image que nous nous faisons de l’autre sans aller découvrir sa merveille. Si tout le monde faisait cet exercice d’apprendre à aimer l’autre, à découvrir qui il est, sans jugement, simplement en étant dans l’accueil, alors, très clairement, le monde serait vraiment en paix.

Si tout le monde faisait cet exercice d’apprendre à aimer l’autre, à découvrir qui il est, sans jugement, simplement en étant dans l’accueil, alors, très clairement, le monde serait vraiment en paix.