Dominique – Fuir, courir, avancer, être, enfin

Photo: Marie L.

 

« Tu cours, tu cours, tu t’enfuis, tu fuis mais tu ne peux pas fuir qui tu es ».*

Hier encore, je me demandais si, il y a quinze ans, il y a dix ans, il y a quatre ans, je n’aurais pas dû. Dû être plus mûre, plus réfléchie. J’aurais fait d’autres choix personnels, professionnels. Je ne l’aurais pas fréquenté lui, ni lui non plus. Ma vie en aurait été changée, c’est peu dire. J’aurais décidé de m’accrocher à ce journal plutôt que de m’essayer à la communication politique. Apprendre à composer avant de vouloir donner le ton. Apprendre le tempo, prendre le temps d’apprendre plutôt que survoler. J’ai survolé. Ai-je tout survolé ? Trop survolé ? Lui, eux ? Le journalisme que j’adorais pourtant, que je n’ai jamais quitté vraiment ? La politique, que j’aime autant dont je ne me suis éloignée qu’à contre-coeur. Pour combien de temps ? On ne quitte pas la politique. Elle ne vous quitte pas. Elle est magique, la politique. Elle peut transformer le plomb en or et plomber les ors démérités. Survoler, courir, s’enfuir, fuir : est-ce bien vrai ?

 

Alchimies et alchimistes

Aujourd’hui, je fête mes quarante-trois ans. Alentour, mes ami.e.s me ressemblent diversement. Il y en a pour toutes les saisons. Mes ennemis, s’ils existent, ne m’intéressent absolument pas. Je fais exactement ce que je veux : créer, développer, écrire. Plus ou moins bien, en fonction des jours, en fonction de l’inspiration. Mais, chaque fois, toujours je recommence, de mieux en mieux. Je cherche, je fouille. Je renonce. Et puis je recommence. Est-ce qu’un jour je serai aussi « bonne » que j’imagine pouvoir le devenir à force de travail, à force de renoncer, à force de recommencer ? Je n’en sais rien. Et, très sincérement, je m’en fiche. Je suis ma voie. Et je dis je avec douceur, compassion, altruisme. Je dis je parce que la vie est ce que l’on en fait, voilà ce que je veux partager, ce que je partage. Elle est pavée de questions, la vie, qui resteront à jamais sans réponses et de questions qui en sont, des réponses, qui n’en appellent pas plus. Je dis je comme je l’écris : en le regardant bien en face, sans baisser ni cligner les yeux. Je dépose les armes. J’avance selon mon pas, selon ma cadence. Le rythme des autres ne me dérange jamais. Il ne perturbe pas le mien non plus. Fini de courir. Fini de fuir : ce que je suis, ce que je ressens, mes peurs, mes doutes, mes déprimes, mes tristesses, mes rages, je prends tout. Et, en alchimiste, je les transforme en création, en créativité, en rencontres, en amitiés, en foi, en joies, en caresses, en câlins, en amour.

 

Mes peurs, mes doutes, mes déprimes, mes tristesses, mes rages, je prends tout. Et, en alchimiste, je les transforme en création, en créativité, en rencontres, en amitiés, en foi, en caresses, en câlins, en amour.

De là où je suis, de cet âge, de ce moment, d’ici, je vous souhaite donc à tou.t.e.s les plus belles alchimies, les plus belles rencontres, les plus belles surprises, les plus belles chutes, les plus belles relances et les plus remontées. Je vous souhaite une belle année. Je me souhaite un bel anniversaire. Que les (quarante) prochaines soient douces. Qu’elles soient alchimiques.

*Bob Marley, Running away

De là où je suis, de cet âge, de ce moment, d’ici, je vous souhaite donc à tou.t.e.s les plus belles alchimies, les plus belles rencontres, les plus belles surprises, les plus belles chutes, les plus belles relances et les plus remontées

Photo: M.L.