« Et là, j’ai compris. Je n’entrais plus dans aucune des bonnes cases… »

Assignations, peurs, sororité, cinquantaine/soixantaine et victoires sur le sort.  extraits.

 

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 – « Je n’obtiendrai pas mon prêt, c’est ça ?

 – Non, a-t-il murmuré.

Et là, j’ai compris. Je n’entrais plus dans aucune des bonnes cases.
J’étais a) une femme, b) célibataire, c) free-lance et d) j’avais plus de cinquante ans. Et puisque je n’entrais plus dans les bonnes cases, je ne figurais plus dans les calculs démographiques. Dans le monde des algorithmes, ça veut dire que je n’existais pas. Je suis sortie de la banque en état de choc ».

La victoire d’une amie, peu importent les moyens pour l’obtenir, est une victoire pour nous toutes.

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Sororité

« La victoire d’une amie, peu importent les moyens pour l’obtenir, est une victoire pour nous toutes. Elle prouve qu’il est possible de faire ce que, si souvent, nous craignons de ne pas parvenir à réaliser : vaincre le sort ».

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Quand vous êtes une femme célibataire et sans enfant, tout le monde se demande ce que vous allez devenir. Vous commencez donc à vous poser la question vous-même.

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Peur(s)

« Toutes affrontaient des difficultés financières, ou des problèmes relationnels, ou des soucis de santé. Mais surtout, le sentiment général qu’éprouvaient ces femmes, c’était la peur. La terreur face à un avenir inconnu. La peur d’être une ratée. De ne plus jamais être aimée. La peur d’être profondément seule, sans personne pour se soucier de vous. Les choses n’iraient pas en s’améliorant. Le seul avenir, c’était une vie qui se traîne, sans rien offrir de nouveau. Telles étaient les angoisses qui nous glaçaient jusqu’aux os (…)

Quand vous êtes une femme célibataire et sans enfant, tout le monde se demande ce que vous allez devenir. Vous commencez donc à vous poser la question vous-même. Car pour vous, rien n’est écrit ».

le sentiment général qu’éprouvaient ces femmes, c’était la peur. La terreur face à un avenir inconnu. La peur d’être une ratée. De ne plus jamais être aimée. La peur d’être profondément seule, sans personne pour se soucier de vous.

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De trouver l’amour à trouver de la compagnie

« De toutes les micro- et macro-agressions de l’âge, la pire c’est de découvrir que vous avez passé un certain cap : vous ne désirez plus vivre une histoire d’amour avec tout ce qu’elle implique, vous vous rabattez sur son parent pauvre : se trouver de la compagnie. Une histoire, c’est un partenariat dynamique où deux personnes s’engagent pour réaliser quelque chose en commun. La compagnie, c’est plutôt le contraire : vous allez simplement vous tenir chaud pour ne rien faire.

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Cinquante ans/ Soixante ans

« Lorsque j’ai eu cinquante ans, tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais épuisée. Tellement épuisée (…) Puis dix ans ont passé (…) Vers la cinquantaine, nous sommes comme des petits moteurs qui tentent de redémarrer encore et encore, jusqu’à ce que ça marche. On fait ce qu’on peut pour se remettre en piste. Et c’est bien au fond. Qui aurait pu prévoir que fêter ses soixante ans serait un peu comme se réveiller d’un mauvais rêve ? C’était peut-être le moment d’organiser une fête après tout. Même une petite, entre nous. Et non, je n’allais pas mentir sur mon âge. Cinquante-neuf pour toujours ? Pour quoi faire ? (…) En regardant autour de moi, j’ai compris une chose : la soixantaine était là, et ce serait un cru exceptionnel »

Et non, je n’allais pas mentir sur mon âge. Cinquante-neuf pour toujours ? Pour quoi faire ?