Cinq minutes encore avant de la fermer… (Un peu)

« Dans la surabondance de prises de paroles… », il préfère s’abstenir, s’arrêter, se taire. Histoires d’un résistant, de résistances, d’humilité et de résilience.

Sollicité pour donner quelques conseils sur « le monde d’après » tel qu’il pourrait être envisagé, Frédéric a gentiment décliné: «  Merci pour votre message mais dans la surabondance de prises de parole, je me refuse de donner quelque conseil que ce soit à qui que ce soit ». Frédéric est l’auteur d’un article particulièrement interessant sur la maniére dont s’organise l’action humanitaire, sur ce qu’elle expose de l’état d’esprit du « monde d’avant ». Il écrit notamment: « les images du chaos, de victimes apathiques et d’Etats du Sud incapables, corrompus ou totalitaires (ou les trois à la fois) consacrent en effet la nécessité d’agir de l’étranger. Le désenchantement politique et la certitude d’appartenir au camp du bien viennent en confirmer la légitimité et tiennent lieu d’analyse. Loin d’être muettes, les victimes sont souvent réduites au silence par leurs propres Etats, par la prétention du secteur à s’autoréguler et par la multiplication des rapports internationaux. L’histoire officielle de l’humanitaire se résume à une innocence sans cesse dévoyée, mais toujours réhabilitée au nom de la pureté de ses intentions, et en premier lieu de la nécessaire sauvegarde de son indépendance. Ce récit occulte d’autres relations de pouvoir à l’oeuvre dans les opérations de secours » (Le Monde Diplomatique). C’est dire l’éclairage qu’il pouvait porter…

« La certitude d’appartenir au camp du bien viennent confirmer la légitimité et tiennent lieu d’analyse… »

Changer le pouvoir

Il interroge plus loin : « Dans les pays concernés, n’assiste-t-on pas à une « ONGisation » des services sociaux ? L’aide internationale tend ainsi à se substituer à des systèmes publics de santé qui restent le moyen le plus efficace de sauver des vies » (Idem). Tandis que, happé par le flot incontrôlé d’injonctions, d’urgences, d’attentes, d’espoirs, d’informations, imposé par la conjoncture, le gouvernement entend « renégocier la dette africaine »,  tandis qu’en sus des applaudissements quotidiens, les citoyens – émérites et anonymes – sont appelés à soutenir le service public par leurs dons, les « conseils » de Frédéric ne semblaient-ils pas on-ne-peut-plus à propos ? N’auraient-il pas eu une résonnance particulièrement impactante tant aux oreilles de celles et ceux qui donnent que de celles et ceux qui reçoivent ? Ne serait-ce pas là – l’égalité dans les intentions, les actes et les esprits – une merveilleuse piste sur laquelle engager la construction du « monde d’après » ? « Dans la surabondance de prises de paroles », Frédéric « n’entend donner quelques conseils que ce soit à qui que ce soit».

N’est-ce pas là le meilleur conseil qu’il pouvait donner, le meilleur à récevoir aujourd’hui ?

« Le temps de choisir son camp »

Les Trente Glorieuses

Tandis que nous voilà – a priori – à mi-parcours, une trentaine de jours avant la fin du « monde d’avant » et trente jours avant celui d’après, la série Cinq conseils arrive donc à son terme et CAPITAINEsolo se met sur pause.

« La série Cinq conseils arrive à son terme »

Pas de fausse promesse : il y aura du son, de la sueur et des partages ici comme sur les réseaux qui le permettent. Il y a aura des silences engagés tel que celui opposé, ce mercredi 15 avril, pour dénoncer les violences faites aux femmes notamment. A mi-parcours de cette troisième guerre mondiale qui, à l’instar des précédentes, comptera vainqueur.e.s et vaincu.e.s, résistant.e.s et collaborateur.trice.s, armistices, traités de paix, nouvel ordre mondial et commémorations, il est temps de choisir son camp : ce sera ici celui de la neutralité et de l’enrichissement personnel.

« Neutralité et enrichissement personnel »

Guerre froide

Parce qu’il s’agit, à l’instar Frédéric, de prendre le temps, le champ de décider comment profiter de cette pause gracieusement offerte par l’univers pour mieux découvrir ce qu’offre cette crise en leçons. Et si la crise est, en effet, ce temps que « l’ancien meurt et que le nouveau tarde à paraître » (Gramsci), dans cet interrègne autant observer la variation des phénomènes. Le temps n’est pas qu’à prendre ou à remplir. Entre une pile à lire qui n’en finit pas de grandir et les dispositions à adopter pour parvenir enfin à méditer, un peu, vraiment, le champ des possibles et des nécessaires est ouvert ou à découvrir lui aussi ou à laisser en jachère. Pour toute ces raisons-là, autant donc la fermer. Pour l’ouvrir plus tard, à meilleur escient, peut-être, sans doute. Derrière la porte, une vie mieux emplie, plus tranquille, apaisée attend, espère.

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