C’est tellement plus simple d’être soi…

On mérite le meilleur en tout, tout le temps, même un peu. « Une petite flaque d’amour dans un lac d’amitié » (Marie Desplechin), une brise fraîche lorsque l’air devient étouffant.

Nous étions le 30 décembre et nous n’avions encore aucune idée de ce que nous ferions de notre soirée du nouvel an. Une chose était certaine: nous ne souscririons pas à la tradition qui mesure la valeur de l’évènement au montant que l’on a dépensé pour y prendre part. Nous n’avions véritablement aucune idée de ce que nous allions faire et nous ne nous en sommes pas inquiétés.Parce qu’entre la crise iranienne, la toxicité politique ambiante, la découverte que, non, l’amitié ne dure pas toujours, la gréve dans les transports et ailleurs, ce n’était pas une priorité de l’univers bouleversé. Parce que nous étions en vacances aussi. Et qu’en vacances, outre le temps de prendre le temps, tout est secondaire.
Aucune inquiétude.
Avons-nous eu raison ?

Se laisser porter

Nous nous prélassions donc, encore gorgés des deux journées emplies de lumiéres, d’amitiés, de rires que nous venions de passer avec des amis, par les souvenirs de familles que l’on ressasse encore et encore, avec plaisir, une fois ensemble, lorsque le texto – ou quelque chose qui lui ressemble – est arrivé…

  • On passe la soirée du 31 ensemble, évidemment !

Evidemment.

  • A la plage ?

  • Carrément ! Que devons-nous apporter ?

  • ….

  • Dis quelque chose. Donne-nous une idée !

  • ….

Nous sommes passés au supermarché, avons pris quelques bières, du jus, quelques biscuits salés, nos sandales et nos maillots de bain, direction la plage avec quand même, dans un coin de la tête, cette réflexion : pourquoi tout devait-il passer par le supermarché, par les habitudes, par cette espèce de facilité consumériste ? Etait-ce une bonne habitude que de ne jamais répondre à une invitation les mains vides ? Rien ne nous ayant été imposé, nous avons fait comme d’habitude, en l’occurrence souscrire à la logique d’une consommation facile. Pire, nous avons recommencé au cinéma le surlendemain en choisissant le « très grand pop corn » au lieu du «grand » qui aurait tout à fait pu nous satisfaire. Comme pour les gréves, plutôt que succomber à la facilité de grogner, aurions-nous dû accepter ce que la situation nous apportait de nouveau ? (Grâce à la gréve, nous avons découvert une nouvelle ligne de trains que nous n’aurions sans doute jamais emprunté sans elle, pas mal de raccourcis aussi. La marhe nous aide dans notre programme détox d’aprés-fête…). Nous sommes allés au supermarché. Grand bien nous en a fait.

Accepter les surprises

  • Figurez-vous qu’il y aura un concert, ce soir !

L’un des groupes le plus connu de l’île donnait un concert dans l’hôtel près de la plage sur laquelle nous avions prévu de camper…

  • Il nous suffira de nous placer au meilleur endroit pour en profiter un peu !

A notre grande surprise, tous les endroits étaient bon pour profiter d’un concert d’excellente facture, les pieds dans l’eau ou dans le sable, la tête dans les étoiles. Comme l’a dit Iam, la soirée avait bien commencée… Gateau au chocolat et jus de fruit maison, douze coups de minuit à la bière et au crackers du supermarché.

Et puis ?

Et puis, les lampions, les feux d’artifice. Et puis, nous avons sauté à l’eau, nous nous sommes baignés dans la nuit étincelante jusqu’à sentir les méduses nous courir le long des jambes. Et puis, nous nous sommes de nouveau couchés sur la sable, le sourire aux lévres pour profiter, avec les étoiles, des premiéres minutes, puis des premiéres heures de l’année nouvelle. Et puis nous avons ri, nous avons dansé. Tout cela pour dire quoi ?

Expérimenter la simplicité

Tout cela pour dire que les choses les meilleurs sont souvent – toujours ? – les plus simples.

Inutile de brusquer la vie, les choses, le temps : autant profiter de celui qui se déroule maintenant et accepter ce qui arrive là, dans l’instant. Non, non, il ne s’agit pas d’un mantra, de développement personnel. Juste du récit, du partage d’une expérience dont la meilleure conclusion est celle-là : profiter. Mais ce n’est pas là l’unique conclusion à tirer de ce merveilleux réveillon. En amitié, ce n’est pas le nombre qui compte mais la qualité.

Nous étions six.

Six à faire la fête. Six pour discuter. Six pour admirer les étoiles. Six de 15 à 40 ans, de metiers, de culture, de qualifications, d’expériences, de natures, de cultures différents. Six pour passer une bonne soirée, une excellente soirée. La surprise compte autant que la qualité des personnes que l’on rencontre. Choisir ses amis, c’est beaucoup dire. Beaucoup trop. Il semble – c’est une autre leçon de ce fameux réveillon – qu’en s’emplissant, en acceptant de préférer le supermarché à la patisserie faite maison, en étant soi, un point c’est tout, les choses s’accomplissent, s’emboîtent, s’arrangent tout simplement.

Désigner indiféremment

Simple est un mot dit ‘épicène’. Cela signifie qu’il s’écrit de la même façon au masculin ou au féminin. La définition exacte proposer par Le petit Larousse pour épicéne est «  qui ne varie pas selon le genre ». Soyons épicène. Soyons simple. Peu importe que nos patisseries soient maison, que nos biéres viennent du supermarché. Peu importe de tout savoir, de contrôler. Peu importe son passé. Peu importe les jugements. Soyons simples. Soyons épicènes. Peu importe les fêlures, les doutes qui en ressortent, les lacunes que lon souligne, que d’autres aiment souligner, soyons simplement épicènes. « La blessure est l’endroit où la lumiére entre vous » indique notamment le livre de Nathalie, l’une des amis de ce merveilleux réveillon. «  Quand mon quatrième chakra est ouvert, j’expérimente une circulation libre de l’amour, de la compassion, tournée vers moi, vers les autres, la nature. Serait-ce la porte de notre sixiéme sens ? L’amour inconditionnel envers soi, envers les autres, envers le vivant ?… » Va savoir. Quelle que soit la philosophie, l’expérience, la direction, le sens, l’idée, tout réside dans la simplicité de l’acception de ce que l’on est. Arrivé jusqu’ici, c’est est en tout cas ce qu’il semble.

Envie d’aller plus loin ? C’est par ici…

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