2019 – Article le plus tendance – #Solo, un état à fuir (Actualisé)

« Commun des mortels » ou installé.e.s au plus haut du firmament, s’il existe un lieu où tout le monde est logé à la même enseigne, c’est bien le célibat…

L’état de célibataire est démocratique et égalitaire : tout le monde y est logé à la même enseigne.  Ici, les plus âgés disposent d’une place à part: au Panthéon… de l’excentricité , au mérite de n’avoir rien compris à la vie, malgré l’âge, le temps…

Pourquoi le célibat continue-t-il d’être synonyme d’échec personnel ?

Deux entrevues récentes permettent de poser l’état de la situation. D’abord celle de Monica Bellucci. La cinquantaine magnifique, il semble impossible pour celui qui l’interroge, de croire qu’une femme de cet acabit, belle, talentueuse, intelligente, soit célibataire. Jouer étant son métier, elle joue d’ambiguïté. Elle joue surtout parce que sa vie privée ne regarde qu’elle.

Celle de Jennifer Aniston, victime de rendez-vous arrangés par ses amis, est bien plus éloquente, plus claire: « En ce moment, même si elle fait toujours attention à son apparence et n’hésite pas à s’afficher dans des tenues très sexy, elle est bel et bien célibataire et cela ne lui pose pas le moindre problème. Invitée de l’émission de radio d’Howard Stern, Jennifer Aniston l’a affirmé ajoutant qu’elle n’aimait surtout pas quand ses amis s’en mêlaient… »

No man’s land

C’est bien connu, lorsqu’une femme prend soin d’elle, de son apparence,  c’est pour plaire aux hommes. Elle ne peut exister par elle-même ni pour elle-même. Être une femme seule, belle et ambitieuse, c’est montrer, avec trop d’éclat, son indépendance et, selon toute vraisemblance, cela ne passe pas.

Charlize Théron – «Je suis célibataire depuis dix ans, ce qui n’est pas si long. Que quelqu’un prenne son courage à deux mains, je suis incroyablement disponible», le feuilleton Miley Cyrus-Liam Hemsworth, Karine Lemarchand – « C’est difficile d’être célibataire de nos jours, il faut lutter contre les autres célibataires, les célibataires mariés, les célibataires fiancés, et aussi les veufs qui ont une femme vivante« … – toutes refusent. De se contenter de peu notamment  puisque leur vie, l’époque, autorisent à demander mieux, à exiger plus.

L’opposition Couple/Célibat, dualité inutile

Comme le signifiait encore très récemment une enquête de l’Ined, dans l’inconscient collectif lorsque tout va bien, on est en couple. C’est en tout cas l’image véhiculée à coup de regrets pour la solitude d’un tel, d’insistance pour la remise en couple de l’autre, du courage que l’on souhaite à celles et ceux qui cheminent « malheureusement » seul.e.s sur la dure route de l’existence, tantôt pris par la folie des rencontres, tantôt au fond, tout au fond du trou (Hemsworth/Cyrus). Si « un travail de déconstruction de la figure malheureuse du célibataire est à l’oeuvre – les expressions péjoratives de « vieux garçons » ou de « vieille fille » ne sont plus d’usage – les stéréotypes qui leurs sont associés entachent la vie hors couple, notamment lorsqu’elle se prolonge.  Les entretiens suggèrent  que la diversification des parcours conjugaux et des formes d’union (…) ne s’est soldée ni par un affaiblissement de la norme conjugale ni par une vraie reconnaissance de la vie de célibataire. Les individus paraissent plus que jamais invités à nouer et à renouer avec la conjugalité. Aucune situation n’est, en soi, considérée comme une raison d’abandonner la vie de couple« .

Le célibat est-il une malédiction ?

Un pas devant l’autre

« La vie à deux comporte beaucoup de beaux éléments et beaucoup de défis. La vie en solo a aussi des avantages. Il n’y a pas de statut idéal et parfait ».
Observées au quotidien, les stars en jouent. Imitons-les.

Si problème il y a, la solution réside dans le temps que l’on se donne, l’urgence devant rester l’affaire de ceux qui voient et qui commentent, ceux qui incitent, qui jugent, qui pressent, ceux qui vont parfois jusqu’à imposer, ceux qui ne sont pas concernés quoi qu’il en soit.

L’obsolence des injonctions en manières de vivre est programmée: chacun sa route, seul.e ou accompagné.e. L’essentiel est et sera toujours un soi fort, capable de relations de qualité, amoureuses notamment.

Un pas de plus ?