Le romantisme, un attrape-nigaud pour coeurs en mal de sensations ?

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Si tout commençait par une définition, la vie serait plus simple. Alors voilà. Romantisme : « Qui touche la sensibilité, invite à l’émotion ». « Se dit des écrivains et des artistes qui se réclament du romantisme ». « Se dit de quelqu’un chez qui la sensibilité et l’imagination l’emportent sur la rationalité » (Petit Larousse).

« Cherchant l’évasion dans le rêve, dans l’exotisme ou dans le passé, le romantisme exhalte le goût du mystère et du fantastique. Il réclame la libre expression de la sensibilité et, prônant le culte du moi, affirme son opposition à l’idéal classique (…) Ce courant fait triompher la spontanéité et la révolte là où dominaient froideur et raison ». (Petit Larousse). Il y a là quelque chose qui dit l’envie de tout envoyer balader pour se laisser porter un peu. Mais en a-t-on le droit ? Le peut-on vraiment ? Peut-on être seul.e et romantique ? Peut-on y croire ? Doit-on croire aux fleurs, aux falbalas, aux chocolats, aux hôtels quatre étoiles, aux virées en hélicoptére (50 nuances de Grey) ? Peut-on croire à l’opéra, aux longues robes rouges, au costume sur mesure et au prince charmant dedans (Pretty woman) ?

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Le romantisme existe-t-il encore ?

Comment est-on romantique aujourd’hui ? Ces questions, postées sur Facebook il y a quelques jours, ont reçu très peu de retours. Il est probable que mes posts n’interessent personne. Il est probable aussi que la question n’interesse plus grand monde. Deux tendances nettes ressortent de ce micro-sondage. Une position plutôt matérialiste de l’ordre de ce que projettent les Pretty woman et autres 50 nuances de Grey cités plus tôt. Ce romantisme-là est de l’acabit de ceux qui peuvent se le permettre – et semble créer quelque rancoeur chez ceux qui ne peuvent pas. C’est un romantisme capitaliste, assez clivant finalement. Sur Twitter, Mother f*cking stories en propose d’ailleurs une déclinaison riche de sens. « Quand une mére me dit que son accouchement a été sportif, je lui réponds : on va envoyer le papa à la bijouterie. A lui de souffrir maintenant ».

« On garde l’état d’esprit tout de même… »


L’autre tendance insiste sur son côté démodé (Une expression de ladite frustration?). Mais, « on garde l’état d’esprit tout de même. Autant que possible » compléte Jonathan. Pessimisme ? Pragmatisme ? Réalisme ? Vu tout ce que l’on rattache à sa vie, la/le solo peut-il croire au romantisme ? Plus globalement, qui peut-on encore y croire ?

Seul.e et romantique : qualificatifs opposés ?

Nombre de solos interrogés, depuis l’Association des solos jusqu’aux témoins plus actuels, le confirment : tant qu’à n’avoir pas tout l’attirail – « coup de foudre et dérivés, romantisme donc, extraordinaire, feu d’artifice, etc. – autant ne pas s’engager. Et plus le temoin est âgé, plus cette idée est forte. Le temps semble rendre plus exigeant en matiére de relation et cette exigence-là s’exprime notamment par un amour romantique et vrai. Seulement voilà, cela ne se dit pas. Ou alors doucement, tout doucement, comme s’il s’agissait d’un gros mot. C’est que l’on peut s’être laisser avoir par l’apparat quand le fond n’existait pas, que la « parure romantique » a servi à masquer la pourriture pathétique. On y croit donc. Doucement. Secrètement. On y croit mais prudemment.

« Romantisme est devenu un gros mot »

Spleen et idéal

A propos du romantisme, Baudelaire a écrit qu’il « n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la maniére de sentir. Ils l’ont cherché en dehors, et c’est en dedans qu’il était possible de le trouver ». Entre la réalité d’une vie bien remplie rendue complexe par le sentiment d’échec, l’entourage, la vision que l’on se fait de la (sa) situation, le solo refuse de se laisser à l’idéal. Et il n’est pas le seul à jouer du spleen. Si ce n’est que le sien se trouve justifié par un mode de vie encore jugé comme alternatif – dans le meilleur des cas. Le romantisme est devenu un gros mot parce qu’il faut – a minima – paraître réaliste, structuré, adulte. Surtout lorsque l’on est seul, pour n’avoir qu’une tare à porter à la fois.

L’idéalisme serait le défaut de trop.

Et pourtant…

On a beau vouloir tout comprendre, tout maîtriser, tout décider, s’il est une chose que l’on ne contrôlera jamais, c’est l’amour. Cet élan qui pousse vers l’autre sans que ni la logique, ni l’expérience, ni l’habitude n’y trouve rien à redire. Un élan qui transcende et qui bouleverse et qui remet tout en question à commencer par les idées préconçues. C’est ça l’amour. Ce devrait n’être que cela le romantisme : l’expression de la folie de ce moment, d’un sentiment impossible à définir. Puisque l’on ne croit plus en rien, autant croire en la beauté, la rencontre, à l’amour. Le romantisme, on l’aime parce qu’il nous fait du bien. On y croit parce qu’il nous rend humain. On l’espère, même un tout petit peu, parce que tous les coups fourrés n’éteindront jamais la foi en l’étincelle. Combien de temps cela durera-t-il ? Qui s’en soucie. Pourvu de le vivre. Solo ou autre, peu importe. Alors oui, la vie est une somme de réalités qu’il vaut mieux savoir agencées si l’on ne veut pas voir tout son monde s’écrouler. Mais enfin, quand, pour un instant cela s’arrête, le pragmatisme, le calcul, les prévisions, quand un instant il ne s’agit que de ressentir, cela fait un bien fou. Le romantisme est-il un attrape-nigaud pour cœur en mal de sensations ? Oui. D’autant que pour une fois, le plus con des deux n’est pas celui que l’on croit.

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