Oui, mais pas trop vite, pas tout de suite…

Il faut se rendre à l’évidence : les femmes seules sont de véritables aimants à mecs… à problèmes. Est-ce la même chose pour les hommes seuls ? Rien n’est moins sûr.

Certains solos ont cela de complexe qu’ils ont besoin de s’accrocher à la moindre branche qui les rattache à la vie qu’ils estiment normale parce que c’est ainsi qu’on la leur vend à longueur de journée. Cette branche-là, celle tendue par la société toute entière qui n’a de cesse de leur répéter que leur situation n’est ni viable, ni souhaitable, ni gérable, ni tenable dans le (trop) long terme, est fragile. Lorsqu’elle casse, ce sont (encore) les mêmes qui récoltent les fruits d’espérances exogènes, bien souvent hors de propos.

Des branches tendues…

Tout commence par un regard. Un regard tellement explicite qu’il n’est besoin d’aucun mot pour confirmer qu’il y a là matière à aller plus loin. Le regard est chaleureux et la suite dépend de l’individu, du personnage.

  • Il y a les « ma femme » par-ci, « ma femme » par là et les regards qui se font plus insistants. Ces regards disent tout: ils sont mariés/pas disponibles mais disposés à quelque chose qui sera, de fait, limité par « ma femme ». Il ne faudra pas se plaindre ensuite : tout a été dit. C’est en conscience que l’on engage la relation, forts de regards insistants qui peuvent, dans certains cas être agrémentés de rencontres fortuites, de sourires en coin, d’un contact s’il s’agit d’un voisin, d’un collègue, d’insistances de tous ordres.  « Ma femme » y sera toujours : il s’agit de bien entendre les limites car elles ne seront pas exprimées autrement

« Si ces femmes sont seules, c’est bien qu’elles ont pêchée. Au mieux par faiblesse au pire par manque de finesse… »

  • Il y a les « oui, mais… « . C’est d’accord mais pas tout de suite, pas maintenant. « Il (me) faudra prendre le temps de… », « j’ai besoin de temps pour… »,  « pour le moment, c’est compliqué, tu comprends ? ». La situation n’est  pas claire. Elle laisse plus de marge à la foi d’autant que, dans le fond, rien n’interdit l’espoir : pas de ménage, pas de mariage, pas d’enfants quelquefois même si cela est de plus en plus rare, à mesure que l’on avance en âge. Le piège est là : dans les interstices, dans les intervalles. Gare à ne pas s’y embourber…
  • Il y a les jusqu’au boutistes. C’est une espèce en voie de disparition, l’évolution des mœurs étant passée par là. Il existe, en effet, des sites de rencontres extra-conjugales. On parle plus ou moins librement échangisme, caudalisme et autres ‘ismes’ à tenter à deux. On sait que ces choses-là arrivent et qu’elles peuvent se faire en toute transparence. Il en est encore qui préfèrent faire cela à l’ancienne : retirer la bague pour ne l’enfiler qu’en fin de journée, remplacer une vie contre une autre parallèle, par excitation, par jeu.

Chez ceux-là comme chez les autres, il y a une ligne claire entre leurs femmes et les autres, une ligne de démarcation à laquelle tout le monde s’accommode. Et pour cause : si ces femmes sont seules, c’est bien qu’elles ont pêchée. Au mieux par faiblesse au pire par manque de finesse.

…aux monceaux d’embûches

Est-ce une affaire de femmes ? Majoritairement. Mais que l’on ne leur jette pas la pierre : nous sommes tous enfermés dans la même geôle : le besoin d’appartenir au groupe, celui de n’être pas seul.e.

Oui, mais à quel prix ?

Combien d’amies faudra-t-il encore ramasser à la petite cuillère  ? Combien faudra-t-il rassurer sur leur valeur ?  « Non, tu n’es pas seule fautive. Après tout, chacun peut avoir l’audace d’espérer… ». Combien faudra-t-il délester de la colère, de la rancoeur « Non, ils ne sont pas tous les mêmes... » ? Quand se dira-t-il suffisamment fort qu’il en est assez de classer les gens, femmes et hommes mais femmes surtout, suivant des cadres écornés, dans des cases qui causent le malheur du plus grand nombre, notamment parce qu’il empêche d’exposer à la lumière crue de la réalité, une manière d’agir délétère et encore trop souvent excusée, au détriment des mêmes ?

L’horizon a besoin de clarté, lorsqu’il n’est que brouillard, que l’on n’y voit rien, il s’agit d’avancer doucement, tout doucement, avec prudence, pour éviter les accidents. C’est une règle fondamentale du code de la route des solos. Le danger est grand lorsque l’on chemine seul. Chaque branche à laquelle s’accrocher sécurise, réconforte, repose, un temps.

Combien de temps ?

Bien souvent, le temps ne compte pas plus que le confort, ce réconfort. Ces branches, lorsqu’elles se brisent, projettent d’autant plus loin, que le vent mauvais souffle fort. Il souffle souvent.

« Quand se dira-t-il suffisamment fort qu’il en est assez de classer les gens, femmes et hommes mais femmes surtout, suivant des cadres écornés, dans des cases qui causent le malheur du plus grand nombre »

Les racines du mal

Aux racines du mal, l’inégalité.

Une femme seule est une minable, une ratée tandis qu’un homme seul est indécis, abandonné ou il profite de la vie. Et l’on aura beau tendre le spectre de l’ancien temps, croire que c’était avant, se dire qu’il s’agit là d’imageries anciennes, elles ont la peau dure. Aussi dure que les clichés qu’elles véhiculent.

« La société a bon dos… »

Inutile de revenir sur la question maman solo contre papa solo, tout le monde connaît la différence : c’est la même, favorable aux mêmes, au détriment des mêmes qui supportent leur charge en plus de celle d’avoir commis l’erreur de la supporter seule. Ce que cela dit de la société et des habitudes encore ancrées est une chose. Mais la société a bon dos. Elle n’exonère pas d’appeler un chat, un chat : profiter d’une femme en situation de faiblesse – que l’on l’admette ou pas, là n’est pas la question puisque c’est un fait – c’est être un connard. Point. Pour le reste, à toutes celles qui sont concernées, courage: les lendemains seront meilleurs.
Comme toujours.

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