Et s’ils avaient raison ?

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Et s’ils avaient tout compris ? Et si justifier et vivre la différence était une lutte aussi absurde que chronophage ?

Et si revendiquer ce droit à la différence n’était qu’une maniére supplémentaire de valoriser son égo, de faire communauté, de lutter contre ses propres peurs, contre sa solitude ? Pourquoi ne pas accepter l’ordre établi et se fondre, tout simplement, dans la simplicité, la tranquillité d’un cadre apaisant inscrit par la tradition, l’habitude, le temps ? Et s’il ne s’agissait que de gesticulations ostentatoires ? Et s’il ne s’agissait que d’écarter l’ennui, de justifier son échec, ses erreurs, ses errements ? Si tout cela n’était qu’une absurdité de plus dans un monde absurde ?

Absurdité contre ambiguïté

« Déclarer l’existence absurde, c’est nier qu’elle puisse se donner un sens ; dire qu’elle est ambigüe, c’est poser que le sens n’en est jamais fixé, qu’il doit sans cesse se conquérir (…) »

« Prendre le bon, le mauvais pour transformer le tout en mieux… »

Partons donc, à l’instar de Simone de Beauvoir, du principe d’ambiguïté et de l’esprit de conquête qui lui est afférent. Accepter l’ambiguïté, c’est partir du fait que tout n’est pas parfait, fini. La femme/l’homme, mes potes, les vôtres, tous, en tant qu’êtres, nous sommes multiples. Toute relation est donc, par principe, complexe. Accepter cette complexité, c’est accepter que la vie, que l’on partage avec tous ces autres ne sera pas un long fleve tranquille. Elle sera calme quelquefois. Elle sera tumulteuse souvent. Elle sera victoire. Elle sera échec. Il s’agira de prendre le bon, le mauvais pour transformer le tout en mieux…

« L’art, la science ne se constituent pas malgré l’échec, mais à travers lui ; ce qui n’empêche qu’il y ait des vérités et des erreurs, des chefs d’oeuvres et des navets, selon que la découverte, le tableau ont su ou non gagner l’adhésion des consciences humaines ; c’est dire que l’échec, toujours inéluctable, est en certains cas sauvé, en d’autres non » (Encore elle). Le programme est simplissime : il s’agit de renverser la charge de l’erreur pour conserver ouvert le champ de la conquête. En d’autres termes celui de l’expérience, de l’expérimentation, le champ du choix et, plus important, celui du bonheur.

Sérennité

Peut-être est-ce qu’il s’agit bien de tout cela : de valorisation d’égo, de communautarisme, de lutte contre ses peurs, contre sa propre solitude  ?

Et alors ?

Qu’y a-t-il de mal à choisir une existence, à la défendre, à défendre une maniére d’être, de penser, d’exister, d’aimer si elle ne blesse – littéralement – personne ? Comment s’appelle ce film – peut-être était-ce un livre, d’ailleurs – dans lequel le personnage insiste sur l’absolue nécessité de se demander pourquoi ?

Vous vous en souvenez ?

Alors pourquoi ?

Pourquoi ici ? Pourquoi elle ? Pourquoi lui ? Pourquoi là ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi est-ce que je souhaite tellement cet appartement, ce pays, cette ville, ce boulot ? Pourquoi serait-ce celle-ci et pas celui-là ? Pourquoi devrions-nous absolument être deux ? Pourquoi pas trois ? Ou plus ? Pourquoi le bonheur ? Et pourquoi pas ?

« Le bonheur, l’amour, l’amitié n’existent pas. »

Le bonheur serait – selon quelques amis, heureux pour certains même s’ils ne l’admettent pas – une quête puérile, insensée pour une raison simple : il n’existe pas. L’amour non plus. L’amitié non plus. Tout ce qui nous différencie des autres animaux n’existe pas. C’est également tout ce qui nous différencie des machines, des robots. Le bonheur, l’amour, l’amitié n’existent pas. Pas tant que l’on n’en a pas défini les contours. Le bonheur n’existe que si on le souhaite, que si on le choisit.

Comme l’amour.

Comme l’amitié.

La vraie question, plutôt que son existence, ou la formule pour l’apprendre, n’est-elle pas pourquoi ne pas le vouloir ? Comment peut-on n’en pas vouloir ? Comment en est-on arriver à penser qu’il existe plus belle quête que le bonheur, la liberté, l’amour et toutes les légèretés éphémères qui vont avec ? De quoi vit-on sans cela ?

« Une cour de récréation qui s’est choisie d’autres régles… »

Une cour de récréation

« Quelle action est bonne ? Laquelle mauvaise ? (…) On ne demande pas au physicien : quelles hypothéses sont vraies ? Ni à l’artiste : par quels procédés fabrique-t-on une œuvre dont la beauté soit garantie ? La morale, pas plus que la science et l’art, ne fournissent des recettes. On ne peut proposer que des méthodes (…) Mais de même que, sans attendre aucune réflexion toute faite, le physicien trouve profit à réfléchir sur les conditions de l’invention scientifique, et l’artiste sur celles de la création artistique, il est utile à l’homme d’action de chercher à quelles conditions ses entreprises sont valables » (Idem)

Peu importe qui a tort ou qui a raison. La vie est une grande cour de récréation qui s’est choisie d’autres régles que celles-là. L’important, c’est le choix, l’état de conscience. Le choix, personnel, et le libre arbitre, pour les autres.

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