On ne naît pas femme, on le devient

Il y a des questions qui passent et qui repassent et qui reviennent et qui ennuient. Mais les questions apprennent bien plus que les réponses, notamment sur celles et ceux qui les posent.

Sur une route jalonnée de péripéties, elles ne sont qu’un moindre mal. C’est après tout grâce à elles, ces questions, que naît qui l’on n’est.

Pourquoi es-tu encore célibataire ?

On n’est pas « encore célibataire ». On n’est pas « encore » seule. On n’est pas en couple, tout simplement. Ou alors, on ne l’est plus. On n’en a pas envie, pas encore, plus du tout. On est occupée à autre chose, occupée à devenir, à construire. On ne sait pas aussi. On ne sait plus. On ne cherche pas à savoir. On n’a plus la patience d’expliquer que derrière le rideau de rigueur et d’organisation, un mystère intérieur reste impalpable. On n’est pas seule, on est épuisée. On finit par s’habituer. On fait semblant. En drapant la peine d’aigreurs, de colères, d’épines  ou d’échanges, de mouvements, de sourires et de fêtes. Ou alors on vit.

« Un mystére intérieur à palper »

Anaïs tient une petite boutique de décoration dans un quartier qui a tout du village. Tout le monde se connaît. Tout le monde connaît la vie de tout le monde. Tout le monde a un avis sur la vie de son/ses voisin.s. La boutique d’Anaïs est une caverne d’Ali Baba où il fait bon entrer, rester, où il est bon de chercher, un trésor, une nouvelle idée n’étant jamais loin. Dans sa boutique, elle expose, elle crée, elle propose, tout cela à la fois. Anaïs aime son boulot.« Je viens de découvrir la liberté de n’être plus dépendante affectivement. Notre relation n’était que cela malheureusement. Ce n’était pas lui, c’était moi. C’est fini alors voilà, j’en profite ». Anaïs vit avec sa fille. Cela lui vaudra d’être la vedette du quartier quelques temps. Jusqu’à ce que le vent de l’ennui porte l’attention ailleurs.

Pourquoi n’en profites-tu pas ? Tu es encore jeune. Tu devrais y penser avant qu’il ne soit trop tard…
Pourquoi ne te trouves-tu pas quelqu’un ?
Pourquoi n’as-tu pas encore d’enfants ?
Pourquoi ne vis-tu que pour tes enfants Pourquoi restes-tu ?

« Pendant vingt-cinq ans, je m’étais investie à fond dans ma fonction de mère, et d’un coup, tout un pan de ma vie n’existait plus, il fallait que je me réinvente un nouveau moi. C’est un peu comme lorsqu’on se retrouve brutalement au chômage. Le syndrome du nid vide, c’est un chômage de maman. »

L’article est à lire dans son intégralité sur le site du Parisien.
« Mon bébé » de Lisa Azuelos sera dans les salles le 13 mars.

« Lorsque le nid se vide, c’est aussi un moment de vérité pour le couple. Il se retrouve dans un face-à-face qui, pour peu que la retraite s’en mêle, peut devenir explosif. En dix ans, le nombre de divorces de sexagénaires et plus a augmenté de 75 % (ministère de la Justice, 2016). « Les enfants sont un ciment qui permet au couple de tenir la route (…). Après leur départ, certains se rendent compte qu’ils n’ont plus de raisons de continuer ensemble. Ce sont le plus souvent les femmes qui partent. A 55 ou 60 ans, elles ont l’impression que leur vie n’est pas du tout terminée et veulent parfois redémarrer autre chose. »(Idem)

Pourquoi ne vis-tu que pour ton boulot ?

Parce qu’il me plaît. Parce qu’il est passionnant. Et puis, je ne vis pas que pour mon boulot, je m’accomplis grâce à lui. J’accomplis des choses qui me semblent importantes maintenant, aujourd’hui. Avoir une passion, de l’ambition, depuis quand cela constitue-t-il un problème ? Et pour qui ? Qui cela gêne-t-il ? Et pourquoi ? Un palliatif ? Mais à quoi donc ? Et alors ? S’il l’est, un palliatif, il est celui que j’ai choisi. Il ne fait de mal à personne, bien au contraire.

Pourquoi n’est tu pas comme Agathe/Victoire/ Pierre/Antoine ?
Pourquoi faut-il toujours que tu te démarques ?
Pourquoi ne te poses-tu pas, enfin ?

Sur une route jalonnée de péripéties, elles ne sont qu’un moindre mal. C’est après tout grâce à elles, ces questions, que naît qui l’on n’est. Elles en disent bien plus que les réponses. Notamment sur celles et ceux qui les posent. Elles disent la peur, l’inquiétude. Elles peuvent dire l’amour aussi, l’attachement. Elles disent les sacrifices consentis, les actes manqués, les regrets, les remords. Elles disent l’ennui et appellent d’autres questions. Elles disent le pragmatisme, le confort, l’inconfort de la conformité, le besoin de s’y maintenir ou de s’en libérer.

Ces questions sont bavardes.

Quelle que soit la voie que l’on choisit, quelle que soit la route que l’on décide, quel que soit le chemin que l’on emprunte, l’essentiel est de devenir qui l’on est. Femme, on ne naît pas, on le devient. C’est un choix. Celui qui intervient une fois passé le temps des questions, une fois venu celui des réponses. Le moment venu d’être pleinement en phase avec soi.

* »On ne naît pas femme, on le devient » – Simone de Beauvoir

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