L’amour au temps des GAFA – 10/10

« Soyons heureux en attendant le bonheur » Miss Tic

Rien n’a changé.

Il n’existe aucune différence entre l’amour au temps du choléra et l’amour au temps des GAFA. Seuls les procédés d’évitements, les outils de contournements ont évolué, les mots aussi. Presque rien. (Le Monde, Août 2014. Il y a longtemps déjà…). «  Dans le métro, si je trouve un type mignon, je ne peux pas lui parler sinon, je passe pour une salope ou je lui fais peur’, argumente Eva. ‘Avec l’appli, on peut tout…’ (…) Eva a un ami mais cherche une fille sur Tinder pour s’amuser ».

Rien à changer.

Nous sommes les seuls êtres vivants à penser, penser l’amour, penser nos relations, pouvoir les imaginer, très petites ou très grandes. A pouvoir dépasser les postures, les positions. Et alors ?

L’époque est différente. Elle offre le choix. Elle est libre. Elle permet. Elle autorise. Plus de carcans imposés. Sinon ceux que l’on s’oppose : la culture, la valeur, la morale, la couleur, l’échelle sociale, la réussite, la compétitivité. Alors même qu’elles sont perçues comme telles, comme inhibitrices, comme réductrices, les assignations régentent nos relations. Tout comme les GAFA, elles offrent à la fois simplicité et facilité. Troqués l’inconnu, l’irrationalité, l’inventivité contre la rapidité, la simplicité, l’efficacité.

« Partenaires. Partenariat. De l’entreprise à la maison. De la maison à l’entreprise. »

Rien n’a changé.

Sinon le cadre, sinon l’époque.

Partenaires. Partenariat. De l’entreprise à la maison. De la maison à l’entreprise. Monter un projet ensemble. Chacun, y apporter ses armes. Grimper et s’assurer que sa descendance grimpera à son tour, forte de la connaissance et de la maîtrise des règles du jeu.

Partenaires.

Non plus amants. Ou si peu. Suivant le mode d’emploi, celui livré par les films, les livres, les commentaires. Non plus amis. Ou si. Parce qu’il faut s’entendre, se comprendre, se compléter. Une amitié partenariale

Entre le plaisir et l’utilité, il y a une marge qui se doit d’être maîtrisée.

Toute une population pourra satisfaire les désirs incertains, inutiles à l’édifice en construction, dangereux puisqu’incontrôlés. Assignations : il y a celles et ceux avec lesquels ont construit. Il y a celles et ceux avec lesquels ont joui. L’essentiel est que chacun ait bien compris où est sa place.

Compétitivité.

Adaptabilité.

Quelle différence avec l’union bourgeoise du XIXème siècle ?

Pas grand chose.

L’importance du capital.

« Je suis intimement persuadé (…) que nous tentons aujourd’hui de sortir de cette sidération, de ce trauma qu’a constitué la colonisation néolibérale des mœurs et que nous n’avons pas d’autre choix (…) La simple adaptation sociale à une réalité purement formelle, technique, instrumentale, conduit le monde et l’humain à la facticité, à la vie inauthentique, aux âmes mortes, exsangues de tout potentiel de création. Vivre, c’est créer » (La Fabrique des imposteurs, Roland Gori).

Rien à changer.

Les assignations, ces jalons qui nous cadrent, nous conditionnent, ces prisons des temps modernes, sont transformés en algorithmes. Comme Michel, ils cumulent. Comme Romain, ils attendent. Comme Christophe, ils s’adaptent. Comme avant, ils emprisonnent, dans des modèles, des cases, parce que nous le voulons bien.

Tout devient plus simple. Tout devient efficace.

Maîtrisée, « l’angoisse de la liberté ».

Mais qu’ont-t-elles à voir avec l’amour, la simplicité, l’efficacité ?

« Soyons heureux en attendant le bonheur » Miss Tic.

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