Qu’est-ce qui, le mieux, définit l’engagement ?

Qui a raison, qui a tort ? Le premier ou celui suit ? Celui qui attend ou celui qui le force plus ou moins ? Quand ? Comment ? Pourquoi s’engager lorsque rien n’y oblige ? Qu’est-ce que l’engagement ?

  1. Action de s’engager.

  2. Promesse, contrat par lesquels on s’engage à accomplir quelque chose.

Alice est en relation avec un polyamoureux. Elle semble heureuse bien qu’elle se pose la question de définir son compagnon par ses préférences sexuelles, plutôt que par ce qu’il est, plus globalement, auprès de ses ami.e.s. Un jour, Alice espère s’établir dans une relation exclusive, avec une personne qui n’aimera/ne voudra que d’elle, la plupart du temps. Ce n’est pas ce que souhaite Sylvain. Sylvain aime différemment. Les attentes d’Alice n’étant pas les siennes, il comprend ses rencontres. Il les encourage. Il appelle cela la compersion. Par compersion, il place le bonheur d’Alice au-dessus de toute chose. Le fait est qu’Alice ne veut que de Sylvain. Ou d’un Sylvain qui ne voudrait que d’elle. Alice voudrait d’un engagement plus…habituel. Alice souhaite l’impossible puisque Sylvain n’est pas exclusif. Sylvain aime au pluriel, c’est ainsi. Qui a raison ? Qui a tort ? Alice de se maintenir dans cette relation, en sachant qu’elle lui apportera, outre le plaisir intense d’être avec lui, cette liberté aussi d’explorer un autre monde, une souffrance à terme ? Sylvain, de ne pas mettre fin à une relation dans laquelle lui aussi finira par souffrir, en voyant grandir celle de cette femme avec laquelle il partage sa vie ? L’engagement est-il possible ici ? Oui. Si l’un change de position. Mais pourquoi ?  Ou s’il est perçu autrement…

  1. Médecine. Première phase de l’expulsion du fœtus lors de l’accouchement

L’engagement est partout. L’engagement n’est nulle part.

« Dans la hiérarchie toujours en mouvement des rapports amoureux, il existe aujourd’hui, (…) un nouveau type de relation non définie, aux contours imprécis. Ni sex friends, ni couple officiel ». (Cheek Magazine). Noter qu’il s’agit de hiérarchie plus que de panel, qu’elle est mouvement, qu’il reste donc une marge aussi large que le nombre d’êtres.

Ce que l’introduction ne dit pas, pour en revenir à l’article, c’est la frustration. Elle arrive assez vite. Parce que le choix n’est pas égale. Alice, dont il a été question, avoue des sentiments certes, un certain goût pour l’enquête aussi. Rien ne dit que le moment venu, elle ne fera pas le choix d’elle, de sa vision de la vie. Peut-être est-elle une polyamoureuse en devenir. Comme les relations, Alice est un être en mouvement. Quoi qu’il en soit, dans son cas, tout est dit. Reste le choix. Reste la responsabilité. Lorsque le couple est, de fait, sans pour autant souhaiter se définir, au détriment de l’un amoureux, l’un qui espère, l’un qui s’interroge, l’autre qui jauge et qui compare, qui attend mieux sans s’investir, qui donne un tempo, une cadence, sans se soucier d’harmonie, où est l’engagement ? Partout. Et nulle part.

  1. Militaire. Action offensive. Combat localisé et de courte durée. Escarmouche

Quelle que soit la définition, il suppose le don, l’engagement. Il suppose d’aller au-delà de soi. Il suppose une chose qui n’a rien à voir avec l’époque, avec le temps, ni l’endroit. L’engagement suppose le dépassement. Voilà pourquoi il semble tellement précieux. Peut-être aussi pourquoi il est aussi rare. Il suppose le courage. De surmonter la peur de perdre, de se tromper, de tomber. Il suppose la foi. En l’autre. En la vie.

  1. Finance. Phase préalable et obligatoire à l’ordonnancement d’une dépense publique

« Percevoir l’autre comme un être unique, indépendant, comme une fin en lui-même, sans qu’interviennent la recherche d’un intérêt, d’une récompense, d’une utilité, la réalisation d’un désir – en d’autres termes, percevoir l’autre comme une personne plutôt que comme un outil – est d’autant plus difficile que l’on a davantage besoin de satisfaire un manque » (Vers une psychologie de l’être, Abraham h. Maslow). La meilleure définition de l’engagement peut être celle qui s’écrit à mesure que l’on se libère de ces peurs, notamment celle d’être, de rester seul.e. Elle s’écrit par soi, pour soi avant de s’écrire avec l’autre. L’essentiel n’est sans doute pas de le définir, l’engagement, ni d’en définir les contours. Pas avant de l’avoir installée en soi, pour soi, avec soi, pour mieux l’établir avec l’autre. Quelle qu’en soit la forme.

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