Les trois premiers moments d’une belle histoire d’amour

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Un article paru hier ou plus tôt dans la semaine, relate un nouveau mal qui sévit dans l’univers des sites de rencontres.  Il se nomme Serendipidating. Six syllabes veules et violentes à la fois.

Le Serendipidating est la contraction de ‘Serendipity’ et de ‘Dating’, autrement dit ‘Sérendipité’ et ‘Rendez-vous’. Il est ce laps de temps qui se prolonge, du moment où l’on entame la discussion jusqu’à celui de la rencontre, pour se laisser le temps de rencontrer ‘mieux’. Mieux comment ?

« L’idéal reste le but ultime, avec lui le bonheur, l’absolu, le fond, le beau et tout le reste… »

L’histoire ne le dit pas. Elle dit plus des frustrations afférentes. Le serendipidating est le signe que, quoi qu’il se dise, l’idéal reste le but ultime, avec lui le bonheur, l’absolu, le fond, le beau et tout le reste, même si l’on ignore de quoi ils seront fait. Il est le signe que trop de choix, d’autant que l’on ne s’est pas interrogé ni sur ce que l’on est ni sur ce que l’on veut, conduit au choix le plus simple: le non-choix. Il démontre que la liberté est d’autant plus utile que l’on sait quoi en faire.

Se libérer

Elle/Lui, séparé.e depuis un temps certain, pleurant ‘son ex’ dès que l’occasion lui est donnée, préfère la/le combattre dans l’un de ces espaces où la guerre est autorisée, en justice, plutôt que lui avouer ces mots simples : « Je t’aime encore. Je t’aime peut-être pour longtemps et je ne sais pas comment gérer cela.

« Je regrette que nous puissions être ensemble. Je regrette de ne pouvoir être ce qu’il te faut, que tu ne sois pas ce qu’il me faut… »

Il est parfaitement dommage, que malgré tout ce par quoi nous sommes passés, tous les choix que nous avons fait pour être ensemble, nous ne puissions pas le rester ». Ces mots, simples, l’auraient libéré.e de la frustration, qui peut atteindre des proportions extrêmes surtout lorsqu’elle couve depuis longtemps. Surtout lorsque l’enduit qui a recouvert des années d’ignorance de soi se fissure sous la pression du séisme provoqué par la séparation. Surtout lorsqu’on ne sait pas/plus qui on est. Va t-elle/il réagir? Va-t-elle/il enfin décider d’apprendre ? De se saisir de la liberté dont elle/il dispose désormais ? Va-t-elle/il (re)prendre la route qui la/le mènera d’elle/de lui, à l’autre, amant, ami, qu’importe ? « Il existe en chacun une terre à aimer, un sol à partir duquel l’être [fait] germer ses offrandes à la vie » (Léonora Miano, Crépuscule du Tourment -2).

Une fois libre, que faire de cette liberté ?

Se retrouver

« Il n’avait pas trop l’habitude de réfléchir, c’était fatiguant, il était déjà fou, à ce qu’on lui avait dit. Alors, il n’obéissait qu’à son cœur, cela ne lui avait pas trop mal réussi » (idem). Quand tout peut être envisagé à l’aune de cela, de l’amour que l’on s’est donné, celui qui est prêt/ qui s’apprête à changer de forme, celui qui nous a permis de créer, quelle que soit la création, quand l’amour est ce qui reste, les retrouvailles avec soi ne sont presqu’une formalité. Ce soi, sera-t-il le même que celui qui a aimé, a quitté ou a été quitté ? Sans doute pas. On s’est abandonné dans cette histoire, comme on le fera dans d’autres, avec d’autres personnes, dans d’autres relations. On s’abandonne un peu, beaucoup, souvent pour créer autre chose, une chose nouvelle. Cela s’appelle changer, muer, grandir. Cela s’appelle aimer. Et ce n’est pas grave. L’autre n’est pas l’ennemi. Il est l’autre, matière en mutation, plus ou moins rapide. Et, si tout cela devenait trop compliqué, il resterait la danse.

S’élancer

La danse dispose de ce pouvoir extraordinaire d’indiquer le niveau d’inhibition physique et mentale. Cette discipline corporelle, sensuelle implique le rapprochement des corps mais aussi l’écoute et l’entente de son propre corps. Ce sont cette écoute et cette entente qui créent la beauté du mouvement, solitaire, en couple ou en groupe.

Quel effet produit en vous le rapprochement d’un autre corps ? De la peur ? De la crispation ?

Quel effet produit en vous l’idée du rapprochement, de la rencontre, de l’échange ?

La danse a accompagné toutes les révolutions. Lorsque l’on hésite, on ne sait pas sur quel pied danser. La danse est un langage universel. Elle est un art, une pratique. Elle est un choix. “Danser, c’est comme parler en silence. C’est dire plein de choses sans dire un mot. Danser, c’est se laisser tenter, c’est s’emplir, c’est s’ouvrir, c’est une piste à explorer.

Commencer par être seul.e est un bon début

Le serendipidating est un mal qui touche les réseaux de rencontre, parce que la première rencontre n’est pas celle que l’on s’acharne à vouloir avec l’autre mais celle que l’on doit s’imposer avec soi-même.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Mélina dit :

    j’aime me promener sur votre blog. un bel univers. Très intéressant et bien construit. Vous pouvez visiter mon blog récent ( lien sur pseudo) à bientôt.

    J'aime

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