Existe-t-il un choix féminin et un choix masculin ?

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La discussion a duré une bonne partie de la soirée sans qu’elle ne soit véritablement tranchée. Loin de là, puisqu’il existe ici un véritable espace de réflexion auquel on ne parvient plus, une fois engagé, à se soustraire. Et puis l’époque permet le débat. Plus que cela, elle l’impose. Alors, selon vous, le choix est-il genré ? Existe-t-il un choix féminin et un choix masculin ?

Notamment en matière de relations amoureuses. Pas seulement, mais partons de là. Partons de quelques exemples, du plus au moins courant. Un homme, marié/en couple/pas disponible tombe amoureux/s’attache/s’acoquine à une autre femme. Pour un temps de prime abord, souvent accidentellement. Il ne l’a pas voulu. Ce n’est pas de sa faute. Ce ne l’est jamais ou alors très rarement. Vient (plus ou moins vite) le moment où il s’agit de faire un choix. Il le fait : il choisit de rester avec les deux, tant que cela ne dérange personne, tant que cela ne le dérange pas, tant qu’il existe un champ fertile où peuvent germer et mûrir les explications qu’il sème à tous vents. Mais est-ce bien un choix ?

« Ce n’est pas de sa faute. Ce ne l’est jamais ou alors très rarement ».

Autre version, toujours aussi répandue : un homme encore, qui entre en relation avec plusieurs personnes. Son cœur penche plus par là, il le sent bien. Cela n’offre cependant pas toutes les garanties de la relation, telle qu’il l’a définie tandis que ceci auquel il est moins attaché est plus sécurisant. Quel choix fera-t-il ? Est-ce bien un choix ? Dernière déclinaison, une femme cette fois, qui entre en relation avec plusieurs hommes. Elle n’a aucune intention de choisir jusqu’à ce que finalement il faille bien trancher dans le vif. Fera-t-elle un choix ? Lequel ?

Soirée entre filles…

Comme cela arrive fréquemment lors des soirées entre filles, on parle donc relation(s). On parle femmes, hommes, amitiés, amants, amours. On n’accable pas les uns par solidarité pour les autres. Ou en tout cas, pas de manière systématique. On parle statistiques. On parle de faits. On parle d’expériences. Conclusion (si l’on peut dire, puisque ces débats-là n’en finissent jamais) : trop souvent, ce sont les femmes qui doivent trancher sur le sort de la relation. Elles qui doivent, une fois pesé le pour ou contre, décider si relation il y a, si elle durera ou pas, comment et pourquoi. Les statistiques sont claires : ce sont majoritairement les femmes qui demandent le divorce. Elles qui décident de n’être plus les secondes. Pourquoi ? Est-ce à dire que les hommes sont plus lâches ? Plus paresseux ? Ou simplement plus pragmatiques ?

« On parle femmes, hommes, amitiés, amants, amours… »

Un horizon…

C’est que tout conspire à laisser un champ/temps plus large aux uns qu’aux autres. L’horloge biologique d’abord, quand on lui demande l’heure. Être ‘multipris’ passe bien mieux qu’être ‘multiprise’. Et puis il y a le panel d’excuses : ‘il se cherche’, ‘il cherche sa mère dans chacune de ses relations‘, ‘il souffre et a besoin d’une transition/de se remettre‘, ‘Oh, tu sais, c’est un homme à femmes‘, etc. contre une femme est plus encline à ‘être mère‘ quand elle ne se trouve pas prise en flagrant délit de ‘faiblesse’, de ‘folie’, ‘dépressive’, ‘perdue’, s’il lui venait l’idée saugrenue de s’insurger contre une situation « qu’elle ne peut qu’avoir choisie », qu’elle « n’avait qu’à pas subir », dont « elle aurait dû se méfier », etc.

« Il y a généraliser et la généralité des faits… »

Plus sérieusement…

Il semble que la question du choix ne soit pas la question de fond. Il s’agit plutôt du champ des possibles, de l’espace de réflexion. D’un point de vue social, le champ de choix est beaucoup plus large pour l’homme que pour la femme. D’un point de vue moral, de celui de l’honneur ou du respect, il est égal pour les deux. La question de fond n’est donc pas de savoir, s’il existe un choix masculin et un choix féminin mais bien où il se place dès lors qu’il en est un à faire. Cela dit, l’honneur, le respect, la morale sont d’un autre temps, n’est-ce pas ? Et puis, ras-le-bol de tout généraliser ! Seulement voilà: il y a généraliser et la généralité des faits. Et là, les comptes justifient que la question continue d’occuper aussi longuement les soirées entre filles.

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