Après une rupture, l’homme reste le plus souvent dans le logement conjugal… mais ce n’est pas grave

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Où se creuse un peu plus le fossé entre la réalité et la fiction… Le Focus n°91 de l’INSEE, paru il y a quelques jours, expose qu’après une rupture, l’homme conserve le plus souvent  le logement conjugal.

Un autre fantasme vole en éclat dans un silence absolu : celui de la femme vénale qui veut tout, prend tout et abandonne un compagnon plumé, dépouillé, quasiment à la rue… L’étude de l’INSEE, parue le 17 juillet, il y a donc quelques jours, explique tout le contraire : c’est l’homme qui, le plus souvent, conserve le logement conjugal. « Un an après la rupture, dans 43 % des cas, l’homme garde le logement où vivait le couple, dans 32 %des cas, c’est la femme, soit un écart de 11 points.

« Le fait que les chiffres soient légèrement inversés en ville, en région parisienne notamment, explique sans doute la survivance dans l’imaginaire du mythe de la harpie revancharde… »

L’écart s’estompe au fil du temps, mais reste encore conséquent quatre années après la rupture : dans 27 % des unions rompues, l’homme réside dans le logement où vivait le couple et dans 22 % c’est la femme qui y réside, soit un écart de cinq points ». Le fait que les chiffres soient légèrement inversés en ville, en région parisienne notamment, explique sans doute la survivance dans l’imaginaire du mythe de la harpie revancharde : ici, elles conservent le logement dans 41% des cas contre 38 %. L’écart est faible. Dans les zones rurales, la proportion d’hommes maintenus dans le logement conjugal est de 56% contre 34% pour les femmes. A l’aune de l’investissement engagé avant séparation, c’est celui qui aura le plus contribué qui conservera le bien, sans qu’il ne s’agisse là, forcément, d’une conservation de long terme. Plus ils seront jeunes, plus vite ils quitteront le bien acquis. Ainsi, 60% des hommes (contre 77% des femmes) ayant divorcé ou rompu avant 30 ans, n’habitent plus le logement un an après. Ils sont 47% (contre environ 60%) entre 50 et 59 ans. Lorsque l’homme est plus jeune que sa compagne, c’est elle qui conserve le logement (32% contre 42%). A âge égale ou lorsque l’homme est plus âgé, ce sera lui.

« Lorsque l’homme est plus jeune que sa compagne, c’est elle qui conserve le logement (32% contre 42%) »

Enfin, conserver le logement conjugal est d’autant plus courant que le couple a des enfants mais là encore la réalité dépasse la fiction. Si les femmes restent plus nombreuses a l’obtenir, « la garde exclusive par le père coïncide encore plus fortement avec le fait de garder le logement (56 %). Dans les autres types de garde, l’homme reste aussi nettement plus souvent dans le logement. Finalement, même si les femmes ont plus souvent la garde exclusive des enfants, sur l’ensemble des couples avec enfants qui se séparent, l’écart reste favorable aux hommes ».

De l’imaginaire à la réalité, il y a plus qu’un pas, un fossé…

Alors ? Imaginaire le tribut payé par les femmes au moment de la séparation ? Tribut économique d’abord. 85% des chefs de familles monoparentales sont des cheffes de familles. La résidence alternée est attribuée dans 75% des cas à la mère, 7% au père. Les aides dépendent du nombre d’enfant. Un enfant et un revenu existant mais modeste les transforment en vœu pieu. Si la durée de la monoparentalité diffère suivant son origine, elle est aussi sexuée : « cinq ans après une séparation entre 25 et 50 ans, 57% des hommes auront reformé une union contre 46% des femmes ». Tribut social donc : « une femme ayant un enfant de moins de 5 ans a prés de deux fois moins de chance de se remettre en couple qu’une femme sans enfant ».

Tribut économique, tribut social aussi: cinq ans après une séparation entre 25 et 50 ans, 57% des hommes auront reformé une union contre 46% des femmes

Sauf goût très prononcé pour l’euphémisme, difficile d’ignorer la double peine encourue pour crime de séparation. Et pourtant, les femmes en restent les principales instigatrices. Les statistiques et les commentaires s’accordent à en faire un moment de « libération, un moyen de reprendre leur vie en main, un nouvel espace d’épanouissement ». S’il faut, pour son bonheur perdre un espace de vie, elles y consentent. Selon toute vraisemblance, la liberté et l’épanouissement ont un prix.

Selon toute vraisemblance, la liberté et l’épanouissement ont un prix.

Tout cela n’est pas si grave

Alors bien sûr, tout cela n’est pas si grave. Ce sont elles qui l’ont cherché, elles qui l’ont voulu et continuent de le vouloir depuis des décennies. Il y a tellement plus important que ces mères seules confrontées à une société qui les jugera pour n’avoir pas choisi de rester ‘inscrites dans la normalité’. Pourquoi ? Qui s’en soucie ? Elle n’est pas critiquable la normalité – il vaut mieux le dire vite avant d’être taxée de mégère exigeante et aigrie – elle n’a rien de critiquable donc, pourvu qu’elle rende heureux. Si tel n’est pas le cas, le prix de la liberté ne devrait pas être si élevé. Tout cela n’est pas si grave. La maison reviendra à celui qui a le plus investi, ce n’est que justice. Seulement l’inégalité salariale, l’écart de rémunération côtoie les 16% en défaveur des femmes. Et plus le salaire est élevé, plus l’inégalité salariale augmente. Les temps partiels sont majoritairement féminins. Mais enfin, tout cela n’est pas si grave. Cette information – au-delà du futile – révèle pourtant tout ce à quoi une femme aura affaire si elle décide de s’écarter de la norme établie. Affaires qu’elle devra  accepter avec grandeur d’âme, mansuétude, avec douceur, avec le sourire, au risque d’être fichée furie impétueuse incapable de calmer ses ardeurs.

Une information, sans grande envergure donc, qui signifie la résilience d’une disproportion à choisir sa vie, entre une femme et un homme. Mais tout cela n’est pas grave et ne le sera jamais, puisque que tout cela est normal.

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