Entre deux ou l’invisible porté par la danse

C’est l’histoire d’une rencontre, d’une aventure, de ses hauts, de ses bas, de ses pas-de-côtés.

C’est (presque) le titre d’un spectacle de danse, joué à La Maison des métallos, il n’y a pas si longtemps. Deux danseurs, Alice Valentin et Olivier Lefrançois y ont « montré l’invisible qui se tisse entre deux êtres (…), la recherche de l’autre sans annuler les différences, être ensemble dans l’altérité ». C’est donc une histoire, celle d’un couple qui, comme le dit Rose-Marie Charest dans La dynamique amoureuse, est simplement la vie. Avec ses choix, ses concessions, la quête d’épanouissement, la quête de soi. C’est ce moment où l’on s’interroge sur la direction, pour valider lesdits choix, lesdites concessions et poursuivre ledit épanouissement, ladite quête de soi.

Crédit photo: Anne-Sylvie Bonnet/Maison des Métallos

Une part de l’un s’est reconnue dans une part de l’autre et vice-versa. Cela n’étant qu’une part, reste l’autre.

Chanson de gestes

D’abord, ils se sont rencontrés. Entre panache et parades, comme cela se fait maintenant, comme cela s’est toujours fait finalement. Ils se sont reconnus. Ou plutôt une part de l’un s’est reconnue dans une part de l’autre et vice-versa. Cela n’étant qu’une part, reste l’autre. Celle qui a peur, celle qui n’adhère pas, celle qui n’adhère à rien qui ne va dans son sens, celle qui se défend, celle qui se braque. Celle qui a gardée trace du passé, celle qui a mauvaise mémoire et n’est pas rassurée par les lueurs de l’aube d’un avenir incertain.

Enchaînement de passages symbiotiques puis discordants…

Ils ont dansé tous les deux, comme on a dansé, comme on danse. On s’enlace. On s’écarte. On se jauge. On se lie. Et on doute. Et on recule. Elle interdit l’ouverture la part méfiante. Elle génère le conflit. Les deux danseurs ont retracé tout cela par l’enchaînement de passages symbiotiques puis discordants. Ils ont raconté le cheminement, détaillé l’intention, l’envie réanimée d’association et les questions. Jusqu’où doit-on concéder ? Jusqu’où s’abandonner ? Est-on assez fort pour cela ? Jusqu’où doit-on dompter cette part, reptilienne, incontrôlée ? Est-ce véritablement un abandon ? N’est-ce pas plutôt une évolution ? Si tel n’est pas le cas, pourquoi continuer ? Ils ont exposé ce moment-là, l’entre deux, l’invisible, l’indicible, la valse d’hésitations. Ils ont mis en geste un air bien connu, cette chanson de gestes, ces épisodes qui nous portent, nous transportent, nous emportent après l’histoire, celle avec laquelle tout a commencé, celle après laquelle tout est devenu plus compliqué.

C’était triste et c’était heureux. Tout comme ces expériences-là. Tout comme Les silences obligés, de Nabil Hemaïzia, l’autre spectacle du plateau partagé.

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