Biorythmes et apprentissages chez l’enfant: notions de base, par Elodie DIOLOGENT

On sait depuis toujours que l’organisme  ne fonctionne pas de manière uniforme  chez tous les êtres vivants et  que certains phénomènes biologiques se présentent à intervalles réguliers. D’où la notion de biorythmes…

Ce qu’il faut savoir:

  • l’alternance spontanée de ces rythmes, pour adapter le programme d’activité des enfants et des adolescents aux besoins de leur santé.
  • Des manifestations telles que la faim ou la fatigue sont accompagnées de variations dans l’activité des systèmes nerveux endocriniens, cardiovasculaire et autres.
  • Les biorythmes se modifient avec l’âge, en particulier  durant l’enfance et  l’adolescence.

L’importance du sommeil

Le sommeil chez l’enfant varie selon son âge et son environnement familial. Certains enfants dorment plus que d’autres sans que cela soit anormal. Le besoin de sommeil est une variable personnelle. Le manque provoque chez l’enfant, l’hyperactivité, la fatigue chronique, les difficultés de concentration, le réveil difficile, la perte d’appétit, la peur au coucher, les cauchemars. Les besoins en sommeil par âge se déclinent ainsi:

  • A la naissance, entre 16 et 20 heures par 24h.
  • De 6 mois à 1 an, en moyenne 15 heures
  • Vers 2 ans, entre 13 et 14 heures
  • Entre 3 et 5 ans, moyenne de 12 heures (c’est à cet âge qu’il perd le besoin de faire la sieste)
  • Vers 10 ans, moyenne de 10 heures.
  • Vers 12 ans,  moyenne de 9 à 10 heures

Le sommeil n’est pas une perte de temps.

Il est essentiel pour tout être vivant. Chacun d’entre nous passe près d’un tiers de sa vie au lit. Il se déroule en plusieurs cycles et évolue par cycles de 90 minutes en moyenne. Chaque cycle se découpe en trois grandes phases : l’éveil calme, le sommeil profond et le sommeil paradoxal.  Le sommeil permet au cerveau de sécréter l’hormone de croissance appelée couramment GH, pour Growth Hormone. Il assure la croissance de l’enfant. Le sommeil permet également une reconstruction du corps et constitue, avec sa phase de récupération, une réserve d’énergie suffisante pour la journée à venir. Ainsi, il offre une réactivité et une bonne concentration.

Décryptage d’une journée scolaire

Dans la journée d’un écolier, il existe deux moments difficiles, sur le plan intellectuel :

  • en fin de matinée
  • en début d’après-midi.

L’activité intellectuelle ainsi que sa vigilance progressent du début jusqu’à la fin de la matinée. Elle commence à décroître en moyenne vers 11h20. Puis, elle diminue encore après le déjeuner (creux postprandiaux ), pour progresser à nouveau au cours de l’après-midi.

La durée d’attention soutenue de l’enfant est en moyenne de :

  • de 15 minutes, pour un enfant âgé de 5 à 7 ans
  • de 20 minutes, pour un enfant âgé de 7 à 10ans
  • de 25 minutes, pour un enfant âgé de 10à 12 ans
  • 30 minutes, pour un enfant âgé de 12 à 16 ans

L’organisation du temps scolaire a toujours répondu davantage à des intérêts sociaux et économiques qu’aux besoins des élèves.

Rythmes scolaires: la France, une vraie singularité 

La journée des écoliers commence vers 8 h 30 parfois plus tôt, jusqu’à 16 h 30 voire 17 h 00. C’est la plus longue d’Europe avec 6 heures de cours dans le primaire. L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) critique lourdement ce rythme. Autre singularité hexagonale, l’année scolaire est la plus courte des pays de l’OCDE : elle ne compte que 140 jours. Mais elle concentre l’un des plus grands nombres d’heures de classe : entre 864 heures (840 heures si l’on tient compte des jours fériés) et 1 033 heures selon l’âge des élèves, contre 608 heures en Finlande ou 620 heures en Norvège.

La France possède les plus longues vacances d’Europe, juste derrière l’Italie (soit 16 semaines de vacances et 36 semaines d’école.

Selon le chronobiologiste et spécialiste des rythmes de l’enfant François TESTU, «l’enfant a besoin de régularité dans son rythme. Ce n’est pas la semaine qu’il faut alléger, mais la journée…« .

L’organisation du temps scolaire a toujours répondu davantage à des intérêts sociaux et économiques qu’aux besoins des élèves. Au début du XXe siècle, le calendrier scolaire s’est calé sur les rythmes agricoles en prolongeant les vacances d’été. Dans un pays alors majoritairement rural, les enfants représentaient une main-d’œuvre importante lors des moissons et des vendanges. La semaine d’école, d’une durée de 5 jours, laissait alors un jour de congé et un jour pour l’éducation religieuse.

Dans les années 1960, les enjeux économiques liés au développement du tourisme ont commencé à influencer les dates des vacances. La création de deux zones géographiques puis de trois en 1972 a permis d’étaler les congés d’hiver et de printemps. Une mesure qui répondait tout à la fois aux attentes des familles, des stations touristiques et de la sécurité routière.

L’instauration de la semaine de 4 jours répondait, elle, aux évolutions de notre société. Avec les 35 heures, les familles accordent davantage d’importance aux week-ends. Les parents divorcés peuvent aussi profiter de leurs enfants un week-end entier.

Elodie DIOLOGENT est médiatrice sociale au sein d’une association où elle soutient les parents en difficulté. Elle intervient également au sein des établissements scolaires.

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