Faut-il être riche pour être un solo heureux ?

Sans aucun doute.

C’est dur, non ? De dire non, parce que le budget ne permet pas de lui (leur) offrir une veste de plus, la dernière paire de basket, le portable, le sac qu’il faut. Ce matin encore, j’ai croisé un groupe de collégiens, tous avec le même, sac (à 80 euros pièce), le même style, un bataillon, une armée en uniforme. Allez leur dire qu’il n’y aucune originalité à porter la même paire de chaussures, le même jean, en pleine adolescence. Comment expliquer qu’il n’y a là rien de grave ? Qu’il y a d’autres priorités ? Vous vous souvenez de vos années collège ? Une autre priorité ? Laquelle ? Comment expliquer qu’il n’aura jamais tout ce qu’il veut. Que c’est tant mieux. Que ça forge. La personnalité, le caractère. Que tout ce qu’il veut n’est pas forcément ce dont il a besoin. Pourquoi le lui dire d’ailleurs ? Puisqu’après tout, ce n’est pas sa faute si vous en êtes là,  à ne pas pouvoir lui offrir le mieux, la mode, le monde ?

Eux sont comme il faut. Pas vous. Vous, vous avez échoué. Vous, vous n’êtes pas comme tout le monde.

Des vacances au Brésil

S’il y a d’autres priorités, c’est parce que vous êtes seul. Et lui, il n’a rien à voir là-dedans. Rien à voir avec vos échecs. Il s’agit bien de cela, n’est-ce pas ? Un échec. Un échec s’il n’a pas la même vie que Mathieu, son meilleur copain qui, en plus du blouson, du sac, du portable et de la paire de chaussures qu’il faut, habite la maison qu’il faut, avec ses deux parents et un chien. Il part systématiquement en vacances au ski, au Brésil ou en Italie. Eux sont comme il faut. Pas vous. Vous, vous avez échoué. Vous, vous n’êtes pas comme tout le monde. Alors un sac, deux sacs, dix sacs, vingt paires de chaussures, c’est un minimum, tant que l’on peut les lui offrir. Et quand on ne peut pas, c’est un nouvel échec.

Les voies de la richesse

Pourtant, vous n’avez fait qu’un choix. Ou ce choix s’est imposé à vous, difficile, impactant. Un choix qui vous a placé, plus ou moins seul, face à ses humeurs, ses envies, ses doutes, face à ses crises qui n’auraient sans doute pas manquées d’être, quelle que soit votre situation familiale. Mais vous êtes seul. Face à ses interrogations, et aux vôtres. Seul à devoir faire la part des choses entre ce qui bon pour lui, pour vous. Seul, autant que vous le désirerez puisque totalement seul, personne ne l’est. Ni vous. Ni moi. Et l’échec est l’apanage de tous. Et vous avez décidé. Ce que vous considérez comme un échec l’est peut-être, mais n’est-ce que cela ? Pour qui ? Combien de temps ? Ce peut-être une porte aussi. Une ouverture. Sur quoi ? Vers quoi ? A vous de voir. L’esprit clair. Alléger de tout ressentiment, envers vous-même notamment, de toute culpabilité. Parce qu’en effet, un (parent) solo riche, de son expérience, de sa capacité à rebondir, est un (parent) solo heureux.

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