C’est l’histoire du garçon qui a oublié sa brosse à dent…

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Il est environ 13H. Le temps n’est pas au beau pire, il fait franchement mauvais. Le train entre en gare à l’heure et lui longe nonchalamment le quai sur sa trottinette bleue, maculée de boue, direction la maison pour déjeuner. Sa journée est loin d’être terminée.

Il a de la chance : aujourd’hui, il ne fera pas le trajet seul comme cela arrive souvent. Mathilde, une amie, a pris le même train. Pour elle aussi, la journée sera longue mais elle a fait ce qu’il fallait : en plus d’un sac à dos bien chargé, elle porte un sac de sport fleuri blanc et rose, assorti à ses baskets. Les baskets, c’est bien plus pratique quand on a tant de choses à gérer. Et puis, c’est la mode. Un détail qui a son importance pour les deux. Non seulement Mathis, c’est ainsi qu’il s’appelle, ne fera pas le trajet seul donc mais il le fera avec Mathilde qui partage avec lui un autre point commun : elle est également enfant de solos.

  • Ouais… Et là, tu vas chez ton père ou chez ta mère ?

  • Chez ma mère. C’est comme ça le mercredi quand je sors du collège…

  • Ouais. Moi aussi. Tu sais ce que je trouve le plus lourd dans tout ça ?

  • Non. C’est quoi ?

  • C’est de devoir penser à récupérer toutes mes affaires à chaque fois. Ma brosse à dent. J’oublie tout le temps ma brosse à dent. Du coup, j’en ai des dizaines…

  • Ouais ! J’oublie des trucs un peu partout aussi. Quelquefois, je ne sais même dans quelle maison j’ai posé mes affaires. C’est dingue…

    Ah, ce foutu besoin de compenser…

La journée sera longue, c’est vrai. Après le sport, immanquable le mercredi, cours de musique pour l’un, d’arts plastiques pour l’autre. Puisque la famille part à vau-l’eau, autant que l’éducation soit parfaite. Ah, ce foutu besoin de compenser… Et puis l’une rentrera chez maman, l’autre chez papa. S’ils paraissent un peu épuisés, ce qui peut ce comprendre à leur âge, avec pareil programme, aucun ne semble perturbé par la situation que d’autres jugent compliquée à leur place. En fait, tout semble normal. Mathilde est entreprenante. Mathis un peu timide. Elle parle un ton plus haut. Il baisse la tête et fait mine de se concentrer sur ses pieds en redonnant de l’élan à sa machine. Deux ados ordinaires qui n’ont pas poussé plus loin le propos. C’est qu’il y a autre chose sur le feu, là, tout de suite. Quelque chose de véritablement important pour les deux.

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