Des matins pourris, il y en aura…

Ce matin est peut-être même l’un de ceux-là.

Tu as tout : une vie sympa, des potes, une famille qui emplit son rôle à plein en te rappelant ce qu’il te manque, un job ou une idée de la manière dont tu vas user de ton temps. Tu n’as peut-être pas les sous qu’il faudrait pour assouvir tous tes désirs. Mais ce n’est qu’une question de temps. Tu as tout, mais ce matin, tu t’es levé mélancolique, avec un vague-à-l’âme qui t’enserre, qui danse à l’entour de toi, rythmé par la nostalgie, sans que tu saches à quoi il est dû, ni pourquoi aujourd’hui.

Comme à chaque fois dans ses moments-là, de plus en plus fréquents ces derniers temps, tu penses aux statistiques, à ce qu’il convient d’être lorsque l’on a X ans, à ce qu’il aurait fallu, à ce que tu as manqué, ce que tu aurais mieux fait si tu avais su, si alors, à l’époque tu avais compris, si tu avais été dans d’autres dispositions, si tu avais été plus mûr, plus sûr, si tu avais été plus sage, moins brouillon. Tu te dis que si tout cela arrivait maintenant, pour sur, tu ne recommencerais pas avec elle, pas avec lui, pas ce job, pas cette voiture, pas cette école, pas cet appart’, pas cette voie. Et tu ressasses. Et tu fouilles le passé en te redemandant (tu l’as déjà fait il y a une semaine et encore avant) quand tout a commencé à partir en vrille. Et la journée avance. Et tu continues de faire ce que tu dois. Mais tu rumines. Et tu t’agaces. Et tu déprimes. Même s’ils sont là : les potes, la famille, les idées, les solutions. Ils ne suffisent pas. Bah, ce n’est pas grave. Ça ira mieux demain. Demain sera un autre jour.

basquiat-17

Hier l’était déjà pour celui d’avant. Mais tu as oublié. Tu as oublié que dans le fond, on s’en fout de s’être trompé. A part toi, qui te le reproche ? Le monde entier ? Tu sais ce que signifie être paranoïaque ? Vraiment, mis à part toi, qui te le reproche ? Avant, c’était avant. Et, à la vérité, il se peut même que tu trompes encore. D’autant que tu continues à broyer du noir tandis qu’une page blanche, vierge et en attente de complétude est couchée là, devant toi, prête à être comblée par ce que tu voudras.

Tu es seul ? Insatisfait ? Incertain ? Inconstant ? Et alors ?

Il y aura des matins comme ça, pourris, qui ne manqueront de rien d’autre que toi, pétri d’envies, courageux, téméraire dans ta volonté de saisir cette vie, d’en faire ce que tu veux, de la remplir comme tu l’entends pour que dans dix ans – voire moins – lorsqu’il sera le passé révolu ce moment-là, tu n’aies pas à te dire, merde, j’aurais dû agir autrement.

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