Souriez, vous êtes assignés !

Ces mots sont doux. Pour une fois que l’on parle de vous. Le piège est là, pourtant, tendu par la satisfaction d’une simple évocation…

Se contenter de peu lorsque l’on ne dispose pas de grand chose auquel se raccrocher. C’est ainsi que tout commence. Vous commencez donc par vous féliciter d’une simple évocation. Il s’agit de vous, de ce à quoi vous ressemblez, de ce vous êtes, au moins en partie. Vous vous réjouissez bien que quelque chose vous dérange. Vous dansez encore une fois. Vous chantez. Ou vous combattez pour vos droits, votre droit à l’égalité. Encore. Vous êtes là, à l’image. Vous en êtes heureux. Mais encore une fois à cette même place comme si vous ne deviez pas en bouger. Cette place, ce non-dit, cet appel à la satisfaction, c’est mieux que rien. Souriez, vous êtes assignés.

Ou encore…

Vous y êtes. Heureux, en phase avec vous-même. Seul, dans cet espace que vous avez conquis, que vous avez pris grand soin de choisir, de meubler, que vous prenez grand soin d’occuper. Vous avez une vie, à vous seul, plutôt remplie. Les potes sont en couple, de plus en plus nombreux: tant mieux. Vous, vous avez envie de prendre le temps. Un temps pour vous. Pour vous entendre. Vous comprendre. Plus tard ? On verra ! Trop exigeant, peut-être ? Peut-être. Ce ne serait pas un défaut… Ou pas. Exigeant. Simplement envie de solitude, d’épanouissement, d’accomplissement, de conviction. Seul. Où est le problème ? Cela devient compliqué de vous inviter, l’unique solo de la bande. Seule avec votre coin de table, ce n’est plus un problème. On a pris l’habitude d’organiser le plan en fonction. Mais la menace, sous-jacente, réelle, les regards et les compagnons accrochés, enlacés, préservés. Elle est seule. Elle est libre. Elle pourrait… Souriez, vous êtes assignée.

Basquiat - Profit - Nanachronique

Une de plus…

Maman, oui…. Seule. Non, un seul, il est le seul. Oui, juste un. Son père et moi sommes séparés. Oui, ça arrive souvent. Si, envie d’autres, mais pas tout de suite. Autrement. C’est étonnant. Quoi donc ? D’avoir un enfant, seule ou un seul enfant ? Comment ? Oh, vous vouliez dire chez moi ! C’est-à-dire ? Voulez-vous préciser votre pensée ? Non ? Rien ? Mais non, ce n’est pas grave. Vous êtes seule donc ? Oui. Tout s’explique. C’est-à-dire ? Il est un peu tête-en l’air, cet enfant… Cela ne va pas. Il est un peu…dans la lune. Ce doit être l’absence… du père. Oui. Sans doute. Souriez, vous êtes assignée.

Mais enfin !

Ce doit être dur, non ? Oui. Comme pour tout le monde. Mais seul, c’est plus compliqué, non ? Oui, en effet. On s’en arrange, avec le temps, le travail, l’organisation. Comme pour tout le monde. Et après ? Je ne sais pas. On verra. Pourquoi ? Vous savez ? Oui ? Tant mieux. Je ne sais pas. Et puis quoi encore ? Et la liberté ? La droit à la différence ? De gros mots ? Non ? Tant mieux. Il vous semblait bien.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s