Abstinence : et si on changeait de position ?

Elle expose sa proposition et mène une révolution à petite échelle…

Une amie me racontait récemment qu’une fois concrétisée sa relation avec son compagnon, tandis qu’augurait leur mariage, ils avaient décidé de s’abstenir de toute relation sexuelle. Combien de temps cela a-t-il duré ? Elle ne m’en a rien dit. Sa position m’a fait doucement sourire. Une fois écartée toute sexualité a-t-elle insisté, leur relation s’est étoffée. Elle n’en aurait été que plus riche, plus complice. J’ai essayé de comprendre en quoi. Sa décision s’inscrivait dans ses croyances. Rien n’empêche, puisque l’époque le permet, de penser l’aventure en dehors de tout carcan religieux. Voilà ce que j’en ai conclu. On s’en passe bien par ailleurs, dans le feu de l’action. Pourquoi ne pas lui emprunter quelques préceptes pour les adapter à son goût, à sa situation ? Tant qu’à être seul, pourquoi ne pas en profiter ?

Mona lisa Basquiat

Toi, toi, mon toi…

Petit sondage alentour. « Sincèrement, je ne pourrais pas… ». « Pourquoi est-ce que je me punirais comme ça ? ». « Franchement, le sexe, c’est trop bon pour s’en passer ». «  Bon, une semaine ou deux, pourquoi pas. Au-delà, ce serait de la torture… ». Passé un temps, on n’y penserait plus, m’a t-elle indiqué. Certains tendraient même à devenir plus productifs. L’abstinence est « l’action de s’interdire certains plaisirs, en particulier sexuels » (Petit Larousse). Puisque personne ne viendra vérifier, à chacun de l’emplir comme il l’entend. Elle peut s’ériger en solution d’un temps ou pour longtemps. Pour soi d’abord. Comme ultime expression de l’individualisme du temps présent. Comme un temps de (re)découvertes, sans pression ni agenda, de ses préférences. Un temps d’épanouissement avec en vue, si besoin, si l’envie y est, l’anticipation de lendemains qui chantent. Un temps enfin pour (res)sentir l’autre, autrement.

Tendances et direction

Dans quel monde ? Une association défendrait le concept d’une substitution de l’amour par le plaisir comme moteur des relations interpersonnelles. Être liés les uns aux autres par la jouissance sexuelle. Les idées se poussent et s’entrechoquent d’une époque à l’autre, noir sur blanc, d’un Tolstoï fustigeant le plaisir charnel dans sa Sonate à Kreutzer à Candace Bushnell érigeant les siens en série à succès. Il existe d’autres voies, plus ou moins empreintes de passions, de spiritualité. L’abstinence en est une. Une voie révolutionnaire, à l’heure de Tinder et avatars, du sexe outrancier et/ou sur commande. Plutôt que la tendance, c’est suivre en somme sa propre direction. L’abstinence, l’accès ou l’excès certifient notre liberté de choix. Ils certifient une belle époque où chacun a droit de citer au sein d’un panel élargi. Il se trouve que la première est bien plus connotée que les deux autres. Étrange, non ?

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