L’art de le dire sans perdre la face

J’ai besoin de mettre de l’ordre dans ma vie.

Je me pose des tas de questions. Sur la vie. Sur la mienne en particulier. C’est la trentaine. Une voie ardue, entre deux âges : la vingtaine étudiante, amusante et la quarantaine confortante.  Encore faut-il avoir quelque chose à conforter. Ici, pas assez de certitudes pour amorcer le virage. Trop de questions. Beaucoup trop. Je me demandais, hier soir, quand tout a merdé. Je me suis arrêtée à mes 12 ans. Tu te rends compte ? Tu vois bien que ce n’est carrément pas possible. Comment ? Tu pourrais m’aider à y voir plus clair ? Absolument pas ! C’est une chose que je dois faire seule. Pourquoi ? Parce que j’en ai besoin. J’ai l’impression d’avoir été assistée toute ma vie. Il s’agit de me retrouver. Et ça, je dois le faire seule. Tu comprends ? Non ?

Comment pourrais-je mieux exprimer la situation ?

Je doute. Je doute de moi. Je doute de ma capacité à être heureuse. Comment, dès lors, pourrais-je te rendre heureux ? Comment ? 12 ans, c’est remonter loin ? C’est vivre dans le passé, c’est l’adolescence, qu’à coup sûr à ce moment-là, je ne me posais pas tant de questions, surtout pas celle de mon avenir ? Peut-être. Sans doute. Je me les pose, maintenant. Et maintenant, eh bien il me faut de l’espace, du temps. Pour devenir qui je suis. Ecoute, je commence à peine à comprendre. Il vaut mieux tard que jamais. Pour moi, c’est tard. Et je refuse de me laisser conduire sur une voie que je ne suis sûre de vouloir emprunter. Toi ? Qu’est-ce que tu es là-dedans ? Quantité négligeable ? Pas du tout. Ce n’est pas ça. Il ne s’agit pas de toi. Egoïste ? Tout de suite les grands mots… Et puis, il s’agit aussi de toi ! Je viens de te le dire… J’y suis, sur la bonne voie, celle de l’épanouissement. Je le sens. J’en cherche confirmation. Et puis l’égoïste, ce pourrais être toi, tu ne crois pas ? Egoïste et impatient. J’ai besoin de temps. Pour être sûre. On ne peux jamais être tout à fait sûr, dis-tu ? On n’est jamais tout à fait sûr de rien ? Je ne suis pas d’accord. Comment ? Une relation de couple c’est ça aussi, c’est comme la vie : se jeter dans le vide quelquefois, avancer à tâtons ? Oui. J’ai vu le film. Bon, tu veux que je te dise le fond des choses ?

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Tu veux la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?

J’ai la trouille. Une peur bleue. De ne pas être à la hauteur. D’avoir mal. De perdre le contrôle. De devoir réorganiser ma vie en fonction de toi, plus que selon de mes besoins. Une peur bleue que tu te rendes compte qu’en fait, je suis peureuse, une vraie flippette. Que mon assurance est à géométrie variable et que cet angle-là, pour moi est aigu. Une peur bleue de refaire les même erreurs. Une peur bleue de me planter, encore une fois, tandis que je n’ai pas forcément le temps. Quoi ? Ce n’est pas grave ? C’est même normal ? Si tu le dis, je vais y penser. Pourquoi souris-tu ? Oui. J’ai besoin de garder le contrôle, mon indépendance. Donne-moi le temps. Laisse-moi le temps. Un temps qui te permettra de mesurer tes sentiments. Un temps qui me permettra d’être au clair avec moi-même. Nous avons été transparents. C’est déjà pas mal, non ? Si tu veux mon avis, ce me semble même un bon début.

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