Alerte enlèvement : une réserve minimum ne serait pas hors de propos

Ce n’est pas la première fois et cela devient de plus en plus choquant…

L’alerte enlèvement montrant la photo d’un papa avec sa fille a de quoi choquer. Oui, c’est un enlèvement au regard du droit, de la loi, dans la justice. C’est aussi – surtout-  le signe de la complexité des relations entre un père et  une mère pour la garde de leur enfant. C’est aussi – peut-être- le signe d’une décision qui ne passe pas ou qui passe très mal. Une enquête de l’UNAF intitulée Etre père aujourd’hui, datée du mois de juin dernier, signifie que pour 54%, des pères (61% en familles recomposées, 50% des pères solos), les décisions de justice sont injustes voire « rétrogrades », « pro-mères », « partiales ». Il ne s’agit pas de porter une nouvelle critique sur l’appareil juridique familial qui a le mérite d’être. Les affaires familiales ont cela de très compliquées qu’elles compilent toutes les frustrations des personnes en cause en y mêlant des enfants, dans le cas le plus récent, un bébé de quatre mois. Selon la même enquête, 82% des affaires de  ce type ne provoquent aucun conflit. C’est dire que l’exception mérite d’être traitée avec apaisement, sensibilité et parcimonie.

Alerte inique

Alerte enlèvement est, en effet, un système qui a fait preuve de son efficacité, notamment par le maillage des moyens qu’il met en place, le verrouillage des axes de transport, la dimension des canaux de diffusion, notamment au regard du nombre de vies qu’il a permis de sauver. Quatre critères permettent son déclenchement :

  • Il s’agit d’un enlèvement avéré et non une simple disparition.
  • L’intégrité physique ou la vie de la victime est en danger.
  • Des éléments d’informations permettent de localiser l’enfant ou le suspect.
  • La victime est mineure.

Le procureur informe les parents de la victime, et leur accord est nécessaire au déclenchement de l’alerte.

Il n’y a-t-il pas un problème de fond, de procédure, lorsque l’un des deux parents est soupçonné de « l’enlèvement » de l’enfant ? L’enfant, ses intérêts, son bien-être sont au centre de l’intention de justice familiale. Tout comme la coparentalité, l’idée que la présence, l’influence des deux parents sont nécessaires à son épanouissement.  Ces principes devraient être au cœur de l’action sociétale toute entière. Elle est garante d’ouverture, de relativité dans les situations les plus conflictuelles. Qu’en sera-t-il de l’avenir de la relation avec un père qui a été traité de la même façon qu’une personne psychologiquement dérangée, meurtrière en puissance ? Les choix d’action disent quelque chose. Ce qu’ils disent ici est assez effrayant.

 

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