Interroger ce besoin de perfection

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Bien qu’il ne soit pas spécifique à la parentalité ‘solo’, il est en une constante qui, mise en perspective, gagne en relativité.

Personne n’est pas parfait. Que l’on se le répète à l’envie n’empêche nullement d’essayer. De tout vouloir. Vouloir tout être, tout le temps, partout. Un agenda parfait, pour soi, cela va de soi – sans partition, difficile d’orchestrer, d’harmoniser pour tout mettre en musique – mais aussi pour lui, pour elle, pour eux. Un temps pour le sport. Un temps pour la culture. Un temps pour jouer. Un temps pour courir. Un temps pour bouger, lire et bien manger. Les vitamines, une cuisine parfaite, cinq fruits et légumes et trois laitages par jour, parfaitement à l’heure à la sortie des classes, pour dîner parfaitement à temps et se coucher quand il le faut pour être en forme le lendemain et recommencer. Pas question de caprices : le temps ne s’y prête pas. On n’aura bien évidemment pas manquer d’être parfait avec la maîtresse, les profs, ses collègues, en réunion, bien installé dans sa vie, au volant de la voiture, dans sa façon de parler, de sortir ou pas, de rentrer, d’expliquer que bien sûr que non, notre monde ne tourne pas autour de notre progéniture. Que l’on a une vie. Elle est là.

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Tout ça pourquoi ?

Pour compenser.

Parce que l’on se sent sinon coupable au moins responsable d’un échec. Le poids de la société dira-t-on. Ou du passé. De l’éducation. De sa dépendance. Ou de son indépendance. On aurait commis une faute. Celle, pour reprendre un terme entendu, culpabilisant, d’avoir « échouer dans son projet familial ». Très bien. Une fois cela dit, le problème est-il résolu ? La vie est-elle plus simple ? Si non, à quoi cela sert-il, outre qu’à se flageller ? A ajouter une entorse à l’unique cheville ouvrière d’un foyer qui, s’il n’est pas la norme, est plus commun que ne le dit le commentaire.

Pour prouver.

A l’autre. A la famille. A l’entourage. A la société. Prouver que l’on est capable de bien faire les choses. De faire mieux ou en tout cas aussi bien. Aussi bien que quoi ? Que la norme donc. Et qui le demande ? Qui à part nous-mêmes ? Position redondante de compensation, teintée d’une pointe de manque de confiance et de sérénité. La peur en sus, celle qui pointe son nez cyranesque au milieu de toutes les autres inhibantes, inhérentes à l’être et au devenir.

Alors  quoi ?

Lever le pied. Lâcher-prise. L’expression est conne. Un peu comme toutes celles, toutes faites dont on nous bassine à longueur de journée. Elle a le mérite, comme les autres, d’être courte, donc précieuse, pour des personnes en manque de temps. Lâcher-prise. Faire au mieux. Vivre ensemble. Et avancer l’esprit résolument tourné vers sa progéniture, son accomplissement personnel, son mieux-être, physique et mental. S’en foutre aussi. De n’être pas parfait. Ou plutôt décider de sa perfection. S’en satisfaire. La bouturer à soi et la laisser s’épanouir, au gré des vents et des saisons.

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