A l’intérieur de moi – 2/10

C’est la fête.

Un peu comme celle de l’autre jour lorsqu’il y avait mes cousins, ma petite mamie, ma grande mamie, mon oncle, des cousins, des copains, des copines de la crèche, d’autres cousins. C’était sympa parce que je pouvais faire tout ce que je voulais et que tout le monde ne regardait que moi. Ce qui est bien normal puisque je suis grand maintenant. Plus grand que mon chien. Et que je sais marcher sur les deux jambes, ce que lui, mon chien, ne sait pas faire. Je sais même marcher très vite. C’est drôle quand mon chien et moi jouons à faire la course, quand nous allons nous cacher, que personne ne nous trouve, quand nous partons à l’aventure dans le jardin pour trouver des trésors, quand il n’y a que lui et moi, que nous nous racontons des secrets. Pour le moment, il gagne toujours à la course. Je me demande si je n’allais pas plus vite avant, lorsque je marchais comme lui. Non, il ne me semble pas. De toute façon, ça va changer. Parce que je suis plus grand. Maintenant, je dis des choses qui ressemblent à ce que dit maman. Cela fait sourire tout le monde et chaque fois tout le monde semble plus heureux. Alors je recommence. Je vous parlais de la fête.

Pas celle d’aujourd’hui, celle de l’autre jour, qui était bien mieux. Celle où tout le monde m’a donné quelque chose : des petites boîtes, des grosses boîtes, des sacs, que je devais ouvrir. Il y en avait partout. Certaines étaient vraiment sympas. Comme celle avec un camion qui fait pim-pon. Ou celle avec une trompette géniale qui fait de la musique quand on souffle dedans. Tiens d’ailleurs, c’est bizarre : je ne retrouve plus ni la trompette, ni le camion. Tout était sympa. Rien plus que Kajou, mon chien, mais c’était bien…

Aujourd’hui, maman boude, papa aussi. Il y a tout un tas de gens que je ne connais pas, tous très habillés, tous presque de la même couleur. Bon point : je n’ai pas à marcher. Mauvais point : ce short avec ces choses qui le retiennent me tire les épaules et me gratte. Je me gratte. Maman me retient. Elle ajuste le short qui gratte d’autant. J’ai chaud. Je le dis. Maman me berce et boude plus encore. J’ai l’impression que cette fête ne lui plaît pas non plus. Je ne comprends pas bien pourquoi nous y sommes si elle ne plaît à personne. Et puis il y a vraiment trop de gens. Et, franchement, la musique n’est pas terrible. Il y a pleins de bancs pour s’asseoir. Tant mieux. Maman pourra se reposer. C’est vraiment bien de n’avoir pas à marcher. Moi aussi, je suis fatigué. Un monsieur avec une grande robe blanche s’avance vers nous. Il dit des choses que je ne comprends pas. Maman me tend vers lui. Ah non ! Je ne le connais pas ! Non, je ne veux pas lui parler. Il continue de dire des choses auxquelles maman répond. Il me passe quelque chose sur le front puis nous suivons les autres gens dans cette grande maison avec des bancs. A l’intérieur, la musique est forte. Tout le monde chante mais personne n’a l’air content. Décidément, elle est vraiment étrange cette fête…

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