A l’intérieur de moi – 1/10

Lorsque je suis arrivé, tout le monde était là. Je ne sais pas si j’étais attendu. Ce n’est pas le genre de question que l’on se pose là d’où je viens. On est. On arrive. Et voilà.

Quoiqu’il en soit, j’ai été accueilli à bras ouverts. En y songeant, avec le recul et cette chanson de Jean-Jacques Goldman, ce n’est pas la lumière qui m’a attiré, plutôt le bruit. Vous savez cette chanson : « Au début de janvier, si j’ai bien su compter… Nous avons tous été vainqueurs, même le dernier des derniers, une fois au moins les meilleurs… » C’est le bruit qui m’a attiré et les mains de cette femme. Elle était jeune. Elle avait le regard doux, aussi doux que la voix qui disait des choses dont je ne me souviens pas, en me faisant voler de mon coin vers cet autre, beaucoup plus grand, démesurément grand, empli d’inconnus, même cette jeune femme-là vers qui l’on me transporte. Même si j’avais eu envie de rester dans mon coin, je savais – ne me demandez pas comment ni pourquoi, je le savais – qu’il était temps de changer d’endroit. Pour être là ? Je n’en sais rien. Et vous ? Mais je garde les yeux grands ouverts. Je regarde les gens. Je regarde les lieux. Je ressens les mouvements, quelquefois brusques. Je profite du voyage, de mains en mains, d’inconnu en inconnu, jusqu’à ce que l’on me pose sur la dernière, inconnue. Jamais vue… Et pourtant, posé là, tout devient évident. Elle ne dit rien. Ce n’est pas nécessaire : je ne comprendrais pas. Ce n’est pas toujours nécessaire les mots. C’est même quelquefois superflu. J’étais entier depuis à peine quelques minutes que je flottais de nouveau, pour voler maintenant. Je vole. J’ai peur. Mais je ne dis rien. Parce qu’ils ne comprendraient pas. Parce que je suis curieux. Parce que déjà, j’aime l’aventure.

Tous ces mots, ce n’est que maintenant que je peux les exprimer. Maintenant je peux dire que j’ai été effrayé mais heureux ce jour-là, que j’ai toujours aimé cela, l’aventure. Ensuite, il a fait froid. Plus encore après que l’on m’ait arraché d’une partie de moi pour voler de mains en mains. Une jeune femme annone des mots doux. Elle me transporte vers un ailleurs, un autre coin, une autre salle, une nouvelle aventure…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s